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November 23 26. HôteTrente et quelques autres minutes de marches pour rejoindre le haut de la falaise. L'air est tiède en cet après-midi. 263 Marches sommaires et irrégulières sont gravies en silence. L'un pensant à ce qu'il allait partager, l'autre concentrée sur ses pieds et sa robe retroussée. C'est un endroit encore un peu sauvage qui se découvre au milieu de cette hauteur essoufflée. Une petite chapelle curieuse, quelques herbes et cailloux et tout le reste en bas. Jean-Claire sort de son petit sac à dos une couverture qu'il pose à une bordure du vide. Il invite Marie-Aude à s'y installer. Posés là, contre à contre. Le vent fort les enrobe en ne passant que partout autour d'eux. Le souffle encore un peu rapide, leurs sens ouverts et caniculés, ils se regardent dans le ciel, la tête dans le vert berçant. C'est une place. Invités, ils là remplissent. Ils écoutent d'abord, de tombes en ravins, déferler les douces lames guidées par la marée. Le long des pierres en dessous, l'eau murmure de claires histoires. Imprenable, à l'existence entre filée, ce recoin sans mur respire le soleil avant de caresser les reflets lunaires bientôt levant. Il tourne la tête et La regarde. En cascades puissante d'improbables charmes, c'est un regard droit et étroit clignant aux rayons obliques du soleil qui vient trouver celui de l'autre. Verticaux, les yeux sont chargés d'offertes sécrétions. Ils sont un entier concordismes dévalant les grâces qui posent une nue et légère trace sur cette place. Cette courbe de terre et de pierre se tend sans mouvement et épouse l'offrande libérée de leurs flans caressants. Parfaitement vernaculaires ils sont généreusement absent de partout ailleurs. Juste la confluence est sans douleur, ils évitent alors d'être en dehors de l'autre. Vivants, ils y respirent. Prestige sur son trône flamboyant, ganté pleinement d'un miel sursoyant il caresse de la main sa joue. Se développe alors, en explosion de carcans, leurs pulsions foisonnantes d'expertes germinations. Ils s'approchent et c'est un baiser qui déverse l'énergie d'un brasier polarisé. Ils voyagent, les yeux clos, de leurs bouches en foyer vers les limbes en émulsion spinales. Leurs sens crépitent en aréiques chorales. De plaisir, elle cambre l'échine en un délicieux lâché prise racontant de chaloupées devises. Accouplés que par leur courants décuplés, ils mêlent leurs conductions en langues malaxées. Ils soulèvent un savant bouillonnement explosant et délassant. Il se fond du creux de gorge jusqu'au rein. Dévalant, il chemine entre acmé et zénith pour embrasser la charge qui monte et palpite. Jean-Claire se lève et prend la main de Marie-Aude. Il l'attire vers la petite église aux robustes élans celtes. Il trouve dans sa poche un jeu de clé. Après un cadenas et deux serrures, il ouvre la porte et sans hésiter, entraine Marie-Aude. Lustré et présenté, leur désir mange l'heure. Le plaisir invente d'autres seuils. Ils entrent. C'est une enclave qui s'ouvre à eux. Les bâtisseurs ont taillé leur pierre. A ce moment ils définissent le présent pour mieux comprendre pourquoi disparaître. Main dans la main, ils passent le long des murs blanc et regardent les scènes. Réempucelés sous les couleurs filtrées des vitraux, ils retrouvent leur virginité juste avant l'instant de la perde. Une pureté qui célèbre de la seule manière complète cet âtre lumineux. Ici, les angles sont rares et toujours symboles. C'est alors que, au milieu des chaises de bois, innées et carnassières, les succubes s’ouvrent en des thermes sauvages où s’abandonnent les mains de Jean-Claire qui gitent et manœuvrent sous le lourd coton de la robe de Marie-Aude. Les fragrances tonnent. Dans leurs yeux, un reflet de chaleur scelle la primeur de la prière profonde, lui, le cou pendu sur une flore en ronde qu'elle offre alors. Il serre alors Marie-Aude contre lui en une douce brimade. Une brume poussée le long de douces palissades de lumières frôle leur commune échine profonde et moite. Muselés par des envies incurvées, ils suivent Narcisse et longent les courants clairs et vifs au sein de leur songe. Les yeux clos pour d’intimes mots pensés qui s’allongent, maternelle, elle berce enfin de sa pleine chaire d’ange. Elle sent dans l'espace des écartements de chaleures, ses vapeurs frisant le cheveu aguicheur. C'est une clé de bras qui cède doucement à la commissure, un pêne tendu vers une tendre serrure. Une lumineuse enjambée, en silence, allume de vifs ampleurs d'impatience. Feutré et flou, l'air gonfle leurs cœurs. Dense et déposée leur chair touche l'oeil. A corps déployés, ils occupent tout l'espace. Agrippé à la pierre à ongles fébriles, ils goutent la myrrhe frottée sur leurs peaux. Les rugosités crissent, étincellent puis lubrifient leurs germes de saillie. Ils s'entrent et se sentent au sein de cette chapelle utérine. Dans les reflets des ombres croisées, allongé contre Elle, Il aime plonger à plein crane à la surface dépolie de ce moule cuivré. Elle aime ce gabarit changeant d’odeurs à chaque envolée, elle est lentement saoulée de cette petite chimie. A jour voilé et déraison carnée, ils précipitent leurs parfums dévoilés. C'est à même le sol, puis sur l'autel qu'ils s'illustrent en parfaite et ultime sanctification de la grandeur de leur beauté. Ce sont de brulantes chevauchées enlacées qui composent une aqueuse humeur perlée. Leurs cœurs rejoignent leurs corps. Les peintures et icônes accompagnent leurs âmes. Tout le lieux est attentif. Il accueille et vibre à cette harmonique qu'ils font monter de la messe de leur chair. C'est leur place. Hôtes, ils l'habitent. Secoué par les trémulations épileptiques et charnues de la circulation, de torrides flux tendus se ramassent pour mieux se fondre au fond. Et c'est toute ces représentations lactescente qu'elle eux envie de goutter en lentes et sirupeuse gorgée. Dévorés, magnifiés, déversés. Enfin, ils s'allongent avec l'unique envie de respirer.
November 19 25. BlancsDans une étreinte à bras plongeant, l'un contre l'autre, les yeux clos, ils se mirent à composer une énergie aux synapses foisonnantes. Leur respiration se fit petit à petit plus calme et ample. Les fragrances se mélangent : Le bain, leur peau, le coton de la robe sur les pieds nus, l'odeur du bois ciré autour d'eux et la colère épuisée. Jean-Claire : « Nous dinerons chez XXX ce soir, j'aimerais que tu portes cette robe. Je te laisse te préparer. » Jean-Claire ramasse la robe et lui tend, il embrasse Marie-Aude sur le front pour tout ce qu'elle est. Marie-Aude : « Ce doit être quelqu'un d'important pour toi... Elle est superbe cette robe. Merci beaucoup, je l'aime. » Jean-Claire se laisse tomber sur le lit. Marie-Aude marque une pause et regarde Jean-Claire allongé en travers sur les draps Blancs. Il est pâle, il parait calme. Elle trouve en lui un mélange de douceur, de violence et de douleur. Jean-Claire sans bougé : « Nous avons des choses importantes à faire … Je voudrais te demander quelque chose demain, mais nous avons le temps. En attendant, il fait beau, allons sur les falaises du coté nord-est ! Tu verras c'est très beau.» Marie-Aude : « C'est une bonne idée, allons respirer » Jean-Claire sourit : « Alors … Je t'attends » Jean-Claire regarde Marie-Aude se retourner, marcher vers la salle de bain. Pâle, sur les draps, il soupire et baisse lentement ses paupières. Elle entre puis ferme la porte. Le carrelage, les murs, la faillance, tous ces Blancs neige, aspirants, du moment d'avant, perchés dans l'air, ont fondu. Ils sont devenus ondés. Ce n'est plus la même pièce. Le carrelage est tiède. Les mosaïques embrumées des souvenirs se vaporisent sur le miroir maintenant face à elle. La buée montée de l'eau échappée entre email et peau dessine sont reflet. L'embryon chimérique de son angoisse de morcellement se fige en une agénésie complète. D'une passe de paume sur ce voile, elle chasse le nuage du miroir. Elle se penche un peu et se regarde au fond. Un sourire viens la surprendre. Elle a appris depuis peu à aimer être surprise. Elle a très envie d'être Belle. Elle laisse tomber le peignoir à ses pieds et regarde ses seins dans le miroir. Elle les touche, les englobe puis les soutient haut. Elle penche la tête en se contemplant et fait une petite moue. Elle prends alors la robe et la met contre elle. Elle remarque sur ce coton Blanc un travaille de broderie très fin qui a parsemé un zodiaque d'étoiles de dentelle. Seule couleur, un ruban brillant bleu turquin qui ceinture sans nœud. Elle sera parfaite pensa elle. L'élégance de ses mouvements, dans une danse dolente dessine une architecture aux mouvements onctueux. Le coton glisse sur sa peau et s'habite en de lourdes et longues toges jusque derrière les yeux. Sublimée dans une délicate souplesse qui précise en son sein le milieu, elle tourne, se regarde et caresse d'un érotisme thanatique de ses sens généreux son image et ses reflets en une purpurine église.. Au doux sein de l'asynchrone réalité, son cœur rayonne au centre de la robe. De sa tendre nuque nue courbée, saisissante, essentielle, ostensible et précise, elle redresse le regard sans doute, crevant la voute par ces joutes. Elle aime cette lumineuse facétie animale et parfumée qui vient danser dans son regard. Le rein creusée et l'œil enflammé, elle ajuste ses cheveux encore humides. Marie-Aude à travers la porte, avant de l'ouvrir : « Je suis prête ». Jean-Claire toujours allongé tourne la tête vers elle et voit, en un instant, s'effondrer son opalescente virginité en de vapeurs exquises. Une débauche traverse le regard de Jean-Claire en une fluence saline qui envole ses chaleures alors écumantes folles. Son teint s'éclaircit, et sa langue plissée en congestions palatines se découvre d'un sourire aux candeurs dansantes, mutines. Marie-Claire, debout devant le lit, les bras simplement le long du corps, regarde les joues de Jean-Claire s'animer d'un doux rosé. Une goutte d'eau se laisse tomber de la pointe d'une mèche de ses cheveux. Cette humide impertinence chevauche d'une épaule vers sa poitrine. Elle aurait raison des rares résistances du regard et les aurait diluées en vague ébauche. Elle est Muse sursexuée, désirée, tronant au détour de son haut mausolée, à la fluence de la rencontre, elle réduit distances et fractures. Jean-Claire ne voit plus que Marie-Aude immobile souriant légèrement. Elle est fulgurance charnelle endiamantée de lumière. Elle est l'harmonie dessinée en des lignes idéales fantasmées. De ces Glandes offerte Multicéphales, elle érige la vigueur de tantale. Fendu sur un coté, Dans une débauche parfaitement incomplète le coton, comme une soie d’étoffe qui couvre en surpeau, s'ouvre sur la jambe de Marie-Aude. Sa peau découverte est hérissée en un cholinergique manteau.
En regardant Jean-Claire, elle passe sa main dans ses cheveux et dans les entre-digitaux interstices, ils croisent ses doigts en de doux crochets de sévices. Maintenant, ses deux mains tendent puis tirent la longue chevelure qui frémit puis cajole les ratures. En un Inique coït anéchoïque, l'un face à l'autre, leurs pensées se déversent en flots de cyprine priapique qui galope en varlopant assauts, et qui se résument en un unique et catalytique séminale sursaut. Ils sont ensemble, ça a un sens. August 17 (.) Fleur fatale / VerhaerenLe carré devient cube, se déliant, S'envolent les sphères de son volume Que les couleurs aveugles parfument. August 06 24. AcatalepsieMarie-Aude sentit alors la rage latente se reconstruire et, sans le vouloir, ses poings se referment, ongles en paumes. Il y a du temps, de l'espace et du silence entre eux. Elle regarde Jean-Claire et se met à crier doucement au début et à taper contre la poitrine de Jean-Claire. Lentement, en crescendo, elle exhorte : « Pourquoi es tu parti ? » Ses coups se font plus lourds et profonds, de gorgées doubles suintantes elle crie : « Tu n'as pas à partir comme ça !» Jean-Claire s'ouvre et accueille cette colère enracinée depuis longtemps. Marie-Aude : « Je ne savais pas si tu reviendrais ! » Elle frappe, lâche sa voix le long des bords prognathes et la laisse envelopper de ses éclats tout l'espace : « Je ne suis pas encore prête ! ». Sa rage coule au delà des barrages longtemps fiers et triomphant maintenant incontinents et dérisoires : « Pas encore ! Pas maintenant ! ». De gencives en muqueuses, dans une danse de langue trop étreinte, s'enlace spumeuse toute la colère germée du semi de son passé. De cette sourde fièvre lactescente, ses hurlements recouvrent les cris. Les coups pleuvent et résonnent sur le torse de Jean-Claire. Marie-Aude, de carmin et d'écume transmutée : « Pas prête ! C'est trop tôt ! ». L'entière émotion trouble sa voix d'une dysphonie haletante qui cherche un chemin et qui ne trouve que celui vers l'ivresse de l'anoxie gazeuse au lointain. Marie-Aude : « Trop tôt tu entends !? ». Le souffle lui manque, elle ne sait pas pourquoi mais à ce moment, elle peut déposer l'énorme charge et se libérer. L'imperiosité vibre et s'ouvre sur les gouttières de ses sens qui déborde de la saison des ciels pourpres denses. Ce trop plein émotionnel voile ses yeux d'une couleur profonde et lisse. Ses jambes tremblent et manquent de céder sous ce poids hémétisant. L'air rare alourdie sa langue tricuspidée devenue Maitresse convolutée du clavage enfin planté. Elle adoube l'ultime clé de voute de son temple aux tours inachevées qui s'élancent loin des yeux, entre cœur et moelle, dans le silence de la suffocation. Maintenant, Marie-Aude est pale. Son peignoir c'est ouvert sur l'impudique asexué de la disgrâce du vacillement. Elle n'est pas le gardien de l'impénitence des vivants disparus. Quatre temps décennaires et c'est une fin de course à jambes entamées rouges et chairs dont la foulée a lève des spores englués dans une terre moirée. Par son ventre pousse et germe la résilience. Longue du temps, elle dessine sa dolence. Chaque sens de Marie-Aude trépigne et bourdonne. Encore quelques pas...Ne pas céder ni tomber. Asthmatiforme, ce n'est plus qu'un murmure larmé qui bave en fin de souffle court : « C'était … C'est ... » Laissant tomber la robe à terre, Jean-Claire saisit au vol calmement les fins poignets de Marie-Aude à ce moment prêts à se rendre : « Je sais, excuses moi, cela n'arrivera plus... ». Face à face amécanique appliqué et huilé de la digestion de lointaines tensions de fossiles d’allure qui pas à pas chauffent puis bruleront, ils le savent. Ils sont dans une trans-fertilisation oxysmique parfaite qui embouche d'un baiser d'inexorables déchirures. Un nouveau silence, les regards essoufflés, sans réfléchir, ils joignent leurs bras à leurs poitrines et, de dos en paumes, ils se serrent l'un à l'autre. C'est une improbable mais inexorable étreinte qui tisse l’aveugle chair en de lents et mesurés sacrifices bipolaires. Leurs sens transigent et animent la fragile violence qui s’élance et inspire la flamme vive d'un chronique déclin. Marie-Aude a été, est et sera Reptilienne et essentielle, Reine mère et sentinelle. Elle ouvre ses tendres ailes là où IL se mêle et se déchaînera !
De leurs chairs, ils ne se quitterons bientôt plus.
August 01 23.RefletsAutour de Marie-Aude, le bain est calme. L'eau immobile pèse un peu partout et dissout sa perception de ou commence son intérieur et ou fini l'extérieur. Tête en arrière, elle glisse sa nuque le long de l'émail blanc jusqu'au dessous du respirable. A ce moment précis le silence l'enveloppe en un Maillot amniotique parfait. Une douce chaleur filtre de pore en eau. Cheveux en arrière, elle remonte sa tête et sa lente respiration, dans le silence, laisse flotter sa poitrine entre mousse et lumière. A la fois, centrée dans le vide de ses pensées vers le noyau de ce qu'elle est , mais aussi diluée dans une unité qui embrasse bien au delà. Elle est connectée. Marie-Aude est en prise avec le vivant dans son entier. Cette vague d'émotion brute qui la submerge dépasse ce qu'elle avait pu envisager. Elle comprend cette unité qu'elle n'avait pas imaginé. Elle ressent ce tout et comprend qu'elle en fait partie. Jean-Claire a rendu cela possible. En un même moment, elle peut ressentir, comprendre, et se libérer de tout ces nœuds passés, de ces vents contraires et de ces blessures stoïques. Tout ce pu qui circulait en réseau dans sa chair se mélange et se pétrit avec tout ce qu'elle est jusqu'à maintenant. Il n'y a pas le souvenir d'un père ni d'un auto stoppeur rappelé par Jean-Claire mais des hommes. Il n'y a plus l'enfant coupable puis l'infirmière qui s'oublie en voulant se racheter mais une femme. Ces bruissements de l’intérieur cristallisent les intimes ferveurs. Le temps a consommé les peurs et mutilé le flou des rancœurs. Les espaces du tout se fondent entre une amertume sucrée du souvenir et l’absence du moment rêvé. Par les silences muselés, les échos pleurent avant de partir.
Ses pensées rejoignent celles de Jean-Claire qui rentre d'un pas pressé, une robe serrée contre lui. Sa certitude se reflète en Marie-Aude et sa magnifie dans cette chiralité. A l'orée du bain, elle se sent chatouillée et empoupée de belles pensées. Elle se cambre et cadencée, elle les sanctifie glorieusement par des convergences salées. Son corps inanimé palpé par les ondes humides la plonge dans un vide innommé. Le dernier mouvement qui compose ce moment est douloureusement profond. L'amnios va se répandre et Marie-Aude ressent, non pas une schizoïde Angoisse de morcellement, mais de dissolution. Les volutes de buées mêlées à son souffle, chantonnent les incantations séculaires enivrantes d'une irrémédiable dépersonnalisation. Jean-Claire lui manque. C'est une morsure inopinée, violente et profonde. Il laisse dans cette chambre un vide béant évident qui tenaille sans prévenir.
Elle ne veux plus jamais se séparer de Jean-Claire. Elle est convaincu que cela est possible même si cela doit passer par de véhémente croisades chair à chair. Marie-Aude sent monter une nouvelle rage déterminée qui ne déviera pas du moindre degré.
Elle entend le pas rapide et impatient de Jean-Claire qui monte les escaliers. Fébrile, elle jaillie hors de l'eau devenue fraiche. Elle ressent chaque mouvement précipité comme une barrière de moins pour exister, un moment de plus passé qui la rapproche de Jean-Claire. Ses gestes désordonnés épandent les restes de mousse sur ses vêtements sales étalés un peu partout sur le carrelage gris. Rien ne va assez vite. La clef de la porte de la chambre s'anime et la porte s'ouvre, Jean-Claire entre. Marie-Aude ne supporte plus la moindre seconde inutile qui l'éloignerait de leur essentielle étreinte qui effacera ce vide et amènera la vie. Elle saisit un peignoir qu'elle passe sans se sécher. Son sang bat, au forces de l'élan, de ses tempes à son ventre. Les cheveux en crinière orageuse, elle butte contre la porte, l'ouvre, surgit face à lui. Ils sont tous les deux haletant, le souffle court cherchant l'air en l'autre, le reflet complet de chacun. July 18 22. SilencesPassées les larges voies cadenassées, sous un soleil déjà haut, leur route s'échappe vers l'air salin. A cette heure, c'est un chemin léger qui s'ouvre alors à eux. Il aime chanter les arômes des cœurs qui passent. Il se love en serpent lumineux et dessine des sourires embrassant la colline. Marie-Aude et Jean-Claire approchent la petite ville tout en regardant le lointain si proche. Comme une caresse de frissons, il dessine à foison ,sur les flancs de l'horizon, des contes aux phonèmes boisés berçant leurs songes d'éternité. A la radio, une vielle chanson de John Lennon souffle un air de nostalgie brodé de liberté dissolue. L'air tiède glisse les arômes du littoral en tourbillon au travers des vitres larges ouvertes de la vieille Fiat de Marie-Aude. Devant eux, ce moment irradie de ses chaleurs sur le velouté et ailleurs de la fertile vallée creusée par le murmure musé ce cette composition. Arrivé devant le château des Aygues, moteur coupé, frein à main serré, contre le flan de la colline, il y a entre eux un silence qui, dés son commencement, était évidemment long. Un silence parfait qui ne demande pas à se rompre. Un de ceux qui ne peut être que partagé et compris. Un silence qui se construit avec tant de temps et de bruit avant. Il ne leur aura fallu qu'un jour pour celui là. Il est d'un délicat torrent d'abandon. C'est une acmé à venir qui regarde et raconte le plaisir du voyage qui la construite. La finesse de sa ciselure annonce la force gothique des falaises à venir. Ils les graviront toutes. Jean-Claire : « Nous sommes un peu loin des falaises mais il y a des chambres d'hôtes dans ce château. J'ai toujours eu envie de venir ici, pour une nuit, tu es d'accord pour qu'ensemble, nous en partagions une ? » Marie-Aude, d'un ton impertinent de complicité : « Finalement, tu es plutôt vieux jeu parfois ! Tu me dois un bain non ? Allons y, j'en ai vraiment besoin depuis la nuit dernière. » Un nom donné, un registre jauni signé, deux étages de bois montés et les voilà dans cette chambre clair habillée de lourds tissu de velours brodé. Jean-Claire va dans la salle de bain et commence à faire couler l'eau chaude dans la baignoire de fonte qui trône au milieu. Il y mêle des huiles parfumée et laisse Marie-Aude s'installer. Une fois la porte fermée, Jean-Claire annonce à Marie-Aude qu'il a une course à faire qui ne durera pas plus longtemps que le temps qu'il faudra à son bain pour ne plus être assez chaud pour y rester. Marie-Aude, entend ensuite le pas de Jean-Claire s'éloigner sur le vieux parquet grinçant, la porte de la chambre se fermer, puis un silence. Cette foi ci, le silence du vide qui se creuse, égoïste et affamé. Il est de ceux qui saisi et désarme. Il donne ce désagréable vertige de l'abandon. Il n'aura fallu qu'un jour pour celui ci aussi. Marie-Aude essaie de chasser se malaise inattendu, elle se dévêtit, attache ses cheveux et entre dans l'eau fumante. Elle s'allonge et, le yeux clos, elle goute ce moment. Pendant ce temps, Jean-Claire part dans la ville rejoindre une petite boutique fondue depuis toujours sur la façade des cartes postales en noir et blanc. C'est une mercerie ou l'on peut trouver aussi quelques vêtements oubliés de dentelle et de coton épais. Il entre et vif, il regarde les recoins chargés de piles désordonnées de tissu. Son regard est précis et avide, il sait ce qu'il cherche et il connait son importance. C'est au détour d'un flou bavard, ombrée d'un trouble en mouvements, que ses cils, distants de tout autour, bercent le moment. Il a trouvé, d'un plissement des yeux, une mousse enluminée qui d'un essor, sous le soleil filtré par la fenêtre salie, soulève un pale nuage d'or. Il a trouvé la robe parfaite que portera Marie-Aude. Son étoffe blanche est un philtre doué qui révélera les formes souples en dessous du moi. Dans le lent déclin doux du temps, il imagine déjà Marie-Aude vêtue de ce silence qui hume les creux scintillant des limbes. Un de ces silence barbare et solaire, un de ceux rare qui propulse d'une focale Reine sublimant cette ceine tribale. Ce silence qui, précisément, compose léger, le Champ pascale dans lequel Sibylle s'annonce en doux mistral. Il sent soudain alors l'absence qui s'abat sur lui. Il fait jaillir un manque qu'il ne soupçonnait pas aussi mordant. Devant cette robe inhabitée, Jean-Claire est parcouru d'une tarentuleuse excavation du fossé du vide laissé par Marie-Aude. C'est maintenant une douleur de l'âme qui s'exhume sur des corps ancestraux mis de coté. Elle scelle, insalubre, sa priapique épreinte, enthymème du chaos aux flammes étreintes. Le souvenir proche de leurs regard s’annonce et vacille sa danse bancale devant les dentelles légeres. Ce manque violent s'impose en une bouche qui se tend, égout offrant ses pétales. Il se loge, encore tiède, dans le chaud de l'élan autour des filets de leur attachement nouveau mais déjà si ancien. Il tire ces envergures au lubrique cordeau. Un manque qu'il veut engorger jusqu’au-delà ces rivages parfaits. Jean-Claire veux que tout soit parfait. Il sait que cela est enfin possible. Ce sont tous ces élément diffus depuis le premier mot, le premier regard, qui, lorgnant les plus résistants doutes, racontent l'évidente certitude et plaque les chaires en fondant l’entendement. Impudique rétine qui déchire les sceaux, Jean-Claire ne veux plus perde de vu Marie-Aude. Il tremble un peu, s'avance maladroit vers une vieille femme à qui il donne d l'argent avant de sortir de la boutique, la robe dans les bras. Rentrer au château.
Il ne veux plus jamais se séparer de Marie-Aude.
July 15 21. AutorouteSans chercher se qu'elle va trouver, Marie-Aude suis les indications de Jean-Claire pour rejoindre leur étape. Cinq pauses café sur le bas coté de la route les ont menés au bord de mer. Cinq moments silencieux parfumés de brulants cafés et habités de frissons de fatigue. Ils n'ont pas beaucoup dormi. Premier arrêt : Marie-Aude repense à son appartement. Il lui semble très lointain. Elle mange quelques madeleines trempées dans son gobelet de plastique brulant. Deuxième arrêt : Elle passe aux toilettes de la station. Elle se rend compte qu'elle a laissé le sac en plastique avec ses affaires de l'hôpital chez Éric. Elle prend un café au lait et regarde Jean-Claire, elle lui sourit. Le temps fil comme les notes d'une vieille boite à musique. Troisième arrêt : L'air de repos est désert. Seul une voiture, portières ouvertes, laisse crier un vieux morceau des Doors. Elle croise le regard silencieux de Jean-Claire. Il est calme et posé. Soudain après un café noir et un cake sous cellophane dévoré, Jean-Claire étouffe un gémissement. Marie-Aude comprend tout de suite qu'il se passe quelque chose. Elle a trop eu l'habitude de sentir ces moments d'incandescence surgir sans prévenir. L'odeur de l'hôpital la saisit à la gorge. Elle voit les yeux de Jean-Claire, pupille dilatée endolorie et pénétrée par cette partielle intimité condensée. Il ne peux masquer la douleur qui c'est accablée puissante puis tantôt louvoyante, inspirante puis pénétrante. Elle c'est installée, elle creuse sa mobile digue aimante ai creux de son ventre. Marie-Aude passe ses bras autour de Jean-Claire dont les jambes luttent pour ne pas céder. Elle sent par diffusion de proche en proche, des spasmes appeler un mal qui résonne entre les caves emmaillotées de son sel. En un hideux creuset, soufre et embrun, affreusement généreux, scellent une lenteur qui distille une essentielle et profonde douleur. Les dents serrées et les yeux soudés, papilles crépitantes ornées de l'écume d'un souffle coupé, l'instant reste de plomb ciselée. Jean-Claire gémit d'un douceâtre octave composé de diaphonies. Saumâtre, ocre, terreuse, d’une voix hantée elle mâche ses scansions en une lunaire Alchimie. Un silence, une soupir, Marie-Aude aide Jean-Claire à rejoindre la voiture. Il s'allonge à l'arrière, elle démarre. Arrêt quatre : Jean-Claire : « Je vais juste prendre de l'eau... Excuses moi pour tout à l'heure. Quand ça m'arrive, c'est comme une image qui gicle sur un surgissement. Organique essence braisée du dedans. Elle embrasse hurlante après le franchissement de ce que je suis. C'est un ample déchirement aux battements sourds et puissants. Sans prévenir, une subite acmé crachée du parfait vide, viens serrer la chaire d'un vif livide. Je sens que, entre ses prismes coupant, elle se fige, pétrifie, puis se nourrit pour laisser un peut moins de vie. » Marie-Aude : « Je dois être inquiète ? » Jean-Claire : « non, ça va mieux. Je suis content que nous soyons ensemble. ». Il regarde Marie-Aude et se mets à rire. « On ne ressemble vraiment à rien ! Je suis impatient d'arriver à Etretat, je connais un hôtel très joli. Nous pourrons nous laver, nous changer. Je te préparerais un bon bain. Allons y ! » Arrêt cinq : Les distances changeantes, le soleil avançant, cette détresse de Jean-Claire laisse surgir de nouveau la mort de son père. La culpabilité au centre de ce tacite insurmontable, trône en génitrice. C'est cette humiliante mère dégénérer de consanguinité, mutilante invisible de corps décharnés qui la ronge depuis toujours. Elle a su se camoufler dans sa chair, sa personnalité, son métier dans une pleine humanité qui savoure jusqu’à la lie son putride calice d'aliénation. Elle voit les chemins de sa vie s'être dessinés autour de cet appétit qui, a pleine bouche, la gavée de la contrainte et la laissant, soumise, s'endormir a terre chaque foi vaincu. Âpres avoir enflé mollement depuis toujours, cette chair lactescente agonisante, en une ultime violence, sereine, exhorte en silence cette ombre luisante de souvenir. Elle n’est rien qu’une folie partagée césarisée puis nommée :Entière Marie-Aude surgit de ses pensées et dit tout haut : « Même entière, ce n'est pas ma réalité. J'ai eu 40 ans hier avec toi. Fille, Femme, Mère, je n'ai été qu'un jusqu'à aujourd'hui. C'est incroyable mais je sais que tu comprends. » Jean-Claire : « Les ombres accouchent et la lumière vient. Nous irons diner chez Pierre ce soir, je voudrais te le présenter, c'est important. Mais avant, finissons notre voyage. Je voudrais t'offrir quelque chose et aller voir les falaises avec toi.»
July 12 20. Matin 2Ils remontent à contre courant le long de ces murs de pierre humide. Cette vaste fournaise nocturne fumante entrouvre son défilé. Elle se dilate jusqu'à son col visqueux puant. Marie-Aude et Jean-Claire forcent d'un pas chahuté cherchant à se libérer. Ils croisent des regards vitreux remplis de cette petite mort. Ces morceaux de corps jouissent de leurs haines et de leurs craintes. Leurs douleurs est purgée à grande rasade de leur propre purin. La fin d'un tapis, une bougie meure, une marche se dessine. Les musiques se mélangent, essoufflés, ils titubent l'un sur l'autre en avançant et tout s'obscurcit puis bascule. Quelques heures après, un œil s'ouvre puis deux, trois et quatre. Ils sont allongés sous la veste de Jean-Claire, l'un contre l'autre, à coté d'un banc d'un petit jardin. L'air est doucement frais en cette modeste saison, et quelques gouttes fines de pluie les a réveillés pour rejoindre une caressante mousson. Les premières lumières de l'Aube leur offre une claire et profonde oraison. Ils restent immobile un moment. Hier matin, une frénétique clarté avais assis Marie-Aude, ce deuxième matin l'a couchée pour de bon. Ils baignent tous deux dans une matinée embrumée. Sous la pluies, la nature respire de musicales et légères tonalités. Marie Aude revient et s'arrêter sur cette journée passée, suspendue des référentiels familiers...
Elle sent contre son dos le torse de Jean-Claire respirer doucement. Elle est aussi envahie de cette odeur sur leurs vêtements. Elle est saisi par le souvenir de ce jeune auto stoppeur sur la route de montagne. Elle chasse le regard paternel du rétroviseur avec une vélocité et une facilité qui la surprend. A cet instant, Marie-Aude a la preuve et la certitude que quelque chose bouge en elle, qu'elle avance. La rémanence la pousse vers la résilience. Ses souvenirs présents libèrent la source allégorique battant le rythme d'un voyage phallique, léthal d'images et de sensations. Le dédale de l'instant grouille de pensées aux fréquences exactes qui mouillent. La pluie se pose sur leurs peaux. De délicieux vicieux détours se laissent aller sans surmoi. Ses bras passent sous l'étoffe un peu alourdie et humide. Ses doigts fraillent en un lit qui courre. Le sentier de ses mains qui sourient ouvertes et tendues vers le seuil. Une Œuvre phalangée s'exécute presque imperceptiblement mais comme jamais avide, elle chahute. Elle est rejointe par les mains de Jean-Claire, délicates, légères, animée d'une présence douce et naturelle. Entre sueur et vif moiteur, allongées sous se banc de bois, Marie-Aude s'anime loin des conforts flatteurs des vastes lits carrés vissés aux murs opaques. Fièvre et fourreau de prés se disputent pour glisser vers des cambrures insoumises ou s'invite le fier cabre. Appliquée, cette foison de doigts se perd en des tonalités semi cadencées. Leur danse en un pas habile remise de savants palpés qui devisent. Les yeux mis clos, Marie-Aude soupir et regarde au dessus d'elle le vent peigner les arbres chantant sous le soleil naissant. Au milieu de l'herbe, elle sent son corps que rien d'autre n'anime qu'un souffle en soupirs de flammes. La pluie passe sur son visage et invente de nouveaux chemins que suivent bientôt quelques larmes. D'une main légère, Jean-Claire saisit puis tire la nuque de Marie-Aude pour écouter le brulants soliloques partagé de ses soupirs. Cette dociles élongations la livre au délicieux abandon. Ventre creusé battant contre cuisse, le chant des feux s'assoupit alors doucement. Jean-Claire : « Tu as pleuré ? » Marie-Aude : « Oui, toujours à ce moment. » Jean-Claire : « c'était la dernière fois, levons nous, nous avons beaucoup de choses à faire jusqu'à demain soir. Pour l'instant, allons à Etretat » Marie-Aude se lève, s'étire, sourit, prends la main de Jean-Claire :« Viens, je crois que la voiture est par là. »May 24 19 LueurYouTube - Antonin Artaud
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