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August 06 24. AcatalepsieMarie-Aude sentit alors la rage latente se reconstruire et, sans le vouloir, ses poings se referment, ongles en paumes. Il y a du temps, de l'espace et du silence entre eux. Elle regarde Jean-Claire et se met à crier doucement au début et à taper contre la poitrine de Jean-Claire. Lentement, en crescendo, elle exhorte : « Pourquoi es tu parti ? » Ses coups se font plus lourds et profonds, de gorgées doubles suintantes elle crie : « Tu n'as pas à partir comme ça !» Jean-Claire s'ouvre et accueille cette colère enracinée depuis longtemps. Marie-Aude : « Je ne savais pas si tu reviendrais ! » Elle frappe, lâche sa voix le long des bords prognathes et la laisse envelopper de ses éclats tout l'espace : « Je ne suis pas encore prête ! ». Sa rage coule au delà des barrages longtemps fiers et triomphant maintenant incontinents et dérisoires : « Pas encore ! Pas maintenant ! ». De gencives en muqueuses, dans une danse de langue trop étreinte, s'enlace spumeuse toute la colère germée du semi de son passé. De cette sourde fièvre lactescente, ses hurlements recouvrent les cris. Les coups pleuvent et résonnent sur le torse de Jean-Claire. Marie-Aude, de carmin et d'écume transmutée : « Pas prête ! C'est trop tôt ! ». L'entière émotion trouble sa voix d'une dysphonie haletante qui cherche un chemin et qui ne trouve que celui vers l'ivresse de l'anoxie gazeuse au lointain. Marie-Aude : « Trop tôt tu entends !? ». Le souffle lui manque, elle ne sait pas pourquoi mais à ce moment, elle peut déposer l'énorme charge et se libérer. L'imperiosité vibre et s'ouvre sur les gouttières de ses sens qui déborde de la saison des ciels pourpres denses. Ce trop plein émotionnel voile ses yeux d'une couleur profonde et lisse. Ses jambes tremblent et manquent de céder sous ce poids hémétisant. L'air rare alourdie sa langue tricuspidée devenue Maitresse convolutée du clavage enfin planté. Elle adoube l'ultime clé de voute de son temple aux tours inachevées qui s'élancent loin des yeux, entre cœur et moelle, dans le silence de la suffocation. Maintenant, Marie-Aude est pale. Son peignoir c'est ouvert sur l'impudique asexué de la disgrâce du vacillement. Elle n'est pas le gardien de l'impénitence des vivants disparus. Quatre temps décennaires et c'est une fin de course à jambes entamées rouges et chairs dont la foulée a lève des spores englués dans une terre moirée. Par son ventre pousse et germe la résilience. Longue du temps, elle dessine sa dolence. Chaque sens de Marie-Aude trépigne et bourdonne. Encore quelques pas...Ne pas céder ni tomber. Asthmatiforme, ce n'est plus qu'un murmure larmé qui bave en fin de souffle court : « C'était … C'est ... » Laissant tomber la robe à terre, Jean-Claire saisit au vol calmement les fins poignets de Marie-Aude à ce moment prêts à se rendre : « Je sais, excuses moi, cela n'arrivera plus... ». Face à face amécanique appliqué et huilé de la digestion de lointaines tensions de fossiles d’allure qui pas à pas chauffent puis bruleront, ils le savent. Ils sont dans une trans-fertilisation oxysmique parfaite qui embouche d'un baiser d'inexorables déchirures. Un nouveau silence, les regards essoufflés, sans réfléchir, ils joignent leurs bras à leurs poitrines et, de dos en paumes, ils se serrent l'un à l'autre. C'est une improbable mais inexorable étreinte qui tisse l’aveugle chair en de lents et mesurés sacrifices bipolaires. Leurs sens transigent et animent la fragile violence qui s’élance et inspire la flamme vive d'un chronique déclin. Marie-Aude a été, est et sera Reptilienne et essentielle, Reine mère et sentinelle. Elle ouvre ses tendres ailes là où IL se mêle et se déchaînera !
De leurs chairs, ils ne se quitterons bientôt plus.
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