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August 01 23.RefletsAutour de Marie-Aude, le bain est calme. L'eau immobile pèse un peu partout et dissout sa perception de ou commence son intérieur et ou fini l'extérieur. Tête en arrière, elle glisse sa nuque le long de l'émail blanc jusqu'au dessous du respirable. A ce moment précis le silence l'enveloppe en un Maillot amniotique parfait. Une douce chaleur filtre de pore en eau. Cheveux en arrière, elle remonte sa tête et sa lente respiration, dans le silence, laisse flotter sa poitrine entre mousse et lumière. A la fois, centrée dans le vide de ses pensées vers le noyau de ce qu'elle est , mais aussi diluée dans une unité qui embrasse bien au delà. Elle est connectée. Marie-Aude est en prise avec le vivant dans son entier. Cette vague d'émotion brute qui la submerge dépasse ce qu'elle avait pu envisager. Elle comprend cette unité qu'elle n'avait pas imaginé. Elle ressent ce tout et comprend qu'elle en fait partie. Jean-Claire a rendu cela possible. En un même moment, elle peut ressentir, comprendre, et se libérer de tout ces nœuds passés, de ces vents contraires et de ces blessures stoïques. Tout ce pu qui circulait en réseau dans sa chair se mélange et se pétrit avec tout ce qu'elle est jusqu'à maintenant. Il n'y a pas le souvenir d'un père ni d'un auto stoppeur rappelé par Jean-Claire mais des hommes. Il n'y a plus l'enfant coupable puis l'infirmière qui s'oublie en voulant se racheter mais une femme. Ces bruissements de l’intérieur cristallisent les intimes ferveurs. Le temps a consommé les peurs et mutilé le flou des rancœurs. Les espaces du tout se fondent entre une amertume sucrée du souvenir et l’absence du moment rêvé. Par les silences muselés, les échos pleurent avant de partir.
Ses pensées rejoignent celles de Jean-Claire qui rentre d'un pas pressé, une robe serrée contre lui. Sa certitude se reflète en Marie-Aude et sa magnifie dans cette chiralité. A l'orée du bain, elle se sent chatouillée et empoupée de belles pensées. Elle se cambre et cadencée, elle les sanctifie glorieusement par des convergences salées. Son corps inanimé palpé par les ondes humides la plonge dans un vide innommé. Le dernier mouvement qui compose ce moment est douloureusement profond. L'amnios va se répandre et Marie-Aude ressent, non pas une schizoïde Angoisse de morcellement, mais de dissolution. Les volutes de buées mêlées à son souffle, chantonnent les incantations séculaires enivrantes d'une irrémédiable dépersonnalisation. Jean-Claire lui manque. C'est une morsure inopinée, violente et profonde. Il laisse dans cette chambre un vide béant évident qui tenaille sans prévenir.
Elle ne veux plus jamais se séparer de Jean-Claire. Elle est convaincu que cela est possible même si cela doit passer par de véhémente croisades chair à chair. Marie-Aude sent monter une nouvelle rage déterminée qui ne déviera pas du moindre degré.
Elle entend le pas rapide et impatient de Jean-Claire qui monte les escaliers. Fébrile, elle jaillie hors de l'eau devenue fraiche. Elle ressent chaque mouvement précipité comme une barrière de moins pour exister, un moment de plus passé qui la rapproche de Jean-Claire. Ses gestes désordonnés épandent les restes de mousse sur ses vêtements sales étalés un peu partout sur le carrelage gris. Rien ne va assez vite. La clef de la porte de la chambre s'anime et la porte s'ouvre, Jean-Claire entre. Marie-Aude ne supporte plus la moindre seconde inutile qui l'éloignerait de leur essentielle étreinte qui effacera ce vide et amènera la vie. Elle saisit un peignoir qu'elle passe sans se sécher. Son sang bat, au forces de l'élan, de ses tempes à son ventre. Les cheveux en crinière orageuse, elle butte contre la porte, l'ouvre, surgit face à lui. Ils sont tous les deux haletant, le souffle court cherchant l'air en l'autre, le reflet complet de chacun. Comments (4)
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