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July 18 22. SilencesPassées les larges voies cadenassées, sous un soleil déjà haut, leur route s'échappe vers l'air salin. A cette heure, c'est un chemin léger qui s'ouvre alors à eux. Il aime chanter les arômes des cœurs qui passent. Il se love en serpent lumineux et dessine des sourires embrassant la colline. Marie-Aude et Jean-Claire approchent la petite ville tout en regardant le lointain si proche. Comme une caresse de frissons, il dessine à foison ,sur les flancs de l'horizon, des contes aux phonèmes boisés berçant leurs songes d'éternité. A la radio, une vielle chanson de John Lennon souffle un air de nostalgie brodé de liberté dissolue. L'air tiède glisse les arômes du littoral en tourbillon au travers des vitres larges ouvertes de la vieille Fiat de Marie-Aude. Devant eux, ce moment irradie de ses chaleurs sur le velouté et ailleurs de la fertile vallée creusée par le murmure musé ce cette composition. Arrivé devant le château des Aygues, moteur coupé, frein à main serré, contre le flan de la colline, il y a entre eux un silence qui, dés son commencement, était évidemment long. Un silence parfait qui ne demande pas à se rompre. Un de ceux qui ne peut être que partagé et compris. Un silence qui se construit avec tant de temps et de bruit avant. Il ne leur aura fallu qu'un jour pour celui là. Il est d'un délicat torrent d'abandon. C'est une acmé à venir qui regarde et raconte le plaisir du voyage qui la construite. La finesse de sa ciselure annonce la force gothique des falaises à venir. Ils les graviront toutes. Jean-Claire : « Nous sommes un peu loin des falaises mais il y a des chambres d'hôtes dans ce château. J'ai toujours eu envie de venir ici, pour une nuit, tu es d'accord pour qu'ensemble, nous en partagions une ? » Marie-Aude, d'un ton impertinent de complicité : « Finalement, tu es plutôt vieux jeu parfois ! Tu me dois un bain non ? Allons y, j'en ai vraiment besoin depuis la nuit dernière. » Un nom donné, un registre jauni signé, deux étages de bois montés et les voilà dans cette chambre clair habillée de lourds tissu de velours brodé. Jean-Claire va dans la salle de bain et commence à faire couler l'eau chaude dans la baignoire de fonte qui trône au milieu. Il y mêle des huiles parfumée et laisse Marie-Aude s'installer. Une fois la porte fermée, Jean-Claire annonce à Marie-Aude qu'il a une course à faire qui ne durera pas plus longtemps que le temps qu'il faudra à son bain pour ne plus être assez chaud pour y rester. Marie-Aude, entend ensuite le pas de Jean-Claire s'éloigner sur le vieux parquet grinçant, la porte de la chambre se fermer, puis un silence. Cette foi ci, le silence du vide qui se creuse, égoïste et affamé. Il est de ceux qui saisi et désarme. Il donne ce désagréable vertige de l'abandon. Il n'aura fallu qu'un jour pour celui ci aussi. Marie-Aude essaie de chasser se malaise inattendu, elle se dévêtit, attache ses cheveux et entre dans l'eau fumante. Elle s'allonge et, le yeux clos, elle goute ce moment. Pendant ce temps, Jean-Claire part dans la ville rejoindre une petite boutique fondue depuis toujours sur la façade des cartes postales en noir et blanc. C'est une mercerie ou l'on peut trouver aussi quelques vêtements oubliés de dentelle et de coton épais. Il entre et vif, il regarde les recoins chargés de piles désordonnées de tissu. Son regard est précis et avide, il sait ce qu'il cherche et il connait son importance. C'est au détour d'un flou bavard, ombrée d'un trouble en mouvements, que ses cils, distants de tout autour, bercent le moment. Il a trouvé, d'un plissement des yeux, une mousse enluminée qui d'un essor, sous le soleil filtré par la fenêtre salie, soulève un pale nuage d'or. Il a trouvé la robe parfaite que portera Marie-Aude. Son étoffe blanche est un philtre doué qui révélera les formes souples en dessous du moi. Dans le lent déclin doux du temps, il imagine déjà Marie-Aude vêtue de ce silence qui hume les creux scintillant des limbes. Un de ces silence barbare et solaire, un de ceux rare qui propulse d'une focale Reine sublimant cette ceine tribale. Ce silence qui, précisément, compose léger, le Champ pascale dans lequel Sibylle s'annonce en doux mistral. Il sent soudain alors l'absence qui s'abat sur lui. Il fait jaillir un manque qu'il ne soupçonnait pas aussi mordant. Devant cette robe inhabitée, Jean-Claire est parcouru d'une tarentuleuse excavation du fossé du vide laissé par Marie-Aude. C'est maintenant une douleur de l'âme qui s'exhume sur des corps ancestraux mis de coté. Elle scelle, insalubre, sa priapique épreinte, enthymème du chaos aux flammes étreintes. Le souvenir proche de leurs regard s’annonce et vacille sa danse bancale devant les dentelles légeres. Ce manque violent s'impose en une bouche qui se tend, égout offrant ses pétales. Il se loge, encore tiède, dans le chaud de l'élan autour des filets de leur attachement nouveau mais déjà si ancien. Il tire ces envergures au lubrique cordeau. Un manque qu'il veut engorger jusqu’au-delà ces rivages parfaits. Jean-Claire veux que tout soit parfait. Il sait que cela est enfin possible. Ce sont tous ces élément diffus depuis le premier mot, le premier regard, qui, lorgnant les plus résistants doutes, racontent l'évidente certitude et plaque les chaires en fondant l’entendement. Impudique rétine qui déchire les sceaux, Jean-Claire ne veux plus perde de vu Marie-Aude. Il tremble un peu, s'avance maladroit vers une vieille femme à qui il donne d l'argent avant de sortir de la boutique, la robe dans les bras. Rentrer au château.
Il ne veux plus jamais se séparer de Marie-Aude.
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