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    July 15

    21. Autoroute

     
     
     
     

    Sans chercher se qu'elle va trouver, Marie-Aude suis les indications de Jean-Claire pour rejoindre leur étape. Cinq pauses café sur le bas coté de la route les ont menés au bord de mer. Cinq moments silencieux parfumés de brulants cafés et habités de frissons de fatigue. Ils n'ont pas beaucoup dormi.


    Premier arrêt : Marie-Aude repense à son appartement. Il lui semble très lointain. Elle mange quelques madeleines trempées dans son gobelet de plastique brulant.


    Deuxième arrêt : Elle passe aux toilettes de la station. Elle se rend compte qu'elle a laissé le sac en plastique avec ses affaires de l'hôpital chez Éric. Elle prend un café au lait et regarde Jean-Claire, elle lui sourit.


    Le temps fil comme les notes d'une vieille boite à musique.


    Troisième arrêt : L'air de repos est désert. Seul une voiture, portières ouvertes, laisse crier un vieux morceau des Doors.

    Elle croise le regard silencieux de Jean-Claire. Il est calme et posé.

    Soudain après un café noir et un cake sous cellophane dévoré, Jean-Claire étouffe un gémissement. Marie-Aude comprend tout de suite qu'il se passe quelque chose. Elle a trop eu l'habitude de sentir ces moments d'incandescence surgir sans prévenir. L'odeur de l'hôpital la saisit à la gorge. Elle voit les yeux de Jean-Claire, pupille dilatée endolorie et pénétrée par cette partielle intimité condensée. Il ne peux masquer la douleur qui c'est accablée puissante puis tantôt louvoyante, inspirante puis pénétrante. Elle c'est installée, elle creuse sa mobile digue aimante ai creux de son ventre.

    Marie-Aude passe ses bras autour de Jean-Claire dont les jambes luttent pour ne pas céder. Elle sent par diffusion de proche en proche, des spasmes appeler un mal qui résonne entre les caves emmaillotées de son sel.

    En un hideux creuset, soufre et embrun, affreusement généreux, scellent une lenteur qui distille une essentielle et profonde douleur.


    Les dents serrées et les yeux soudés, papilles crépitantes ornées de l'écume d'un souffle coupé, l'instant reste de plomb ciselée.

    Jean-Claire gémit d'un douceâtre octave composé de diaphonies.

    Saumâtre, ocre, terreuse, d’une voix hantée elle mâche ses scansions en une lunaire Alchimie.

    Un silence, une soupir, Marie-Aude aide Jean-Claire à rejoindre la voiture. Il s'allonge à l'arrière, elle démarre.


    Arrêt quatre :

    Jean-Claire : « Je vais juste prendre de l'eau...

    Excuses moi pour tout à l'heure. Quand ça m'arrive, c'est comme une image qui gicle sur un surgissement. Organique essence braisée du dedans. Elle embrasse hurlante après le franchissement de ce que je suis. C'est un ample déchirement aux battements sourds et puissants.

    Sans prévenir, une subite acmé crachée du parfait vide, viens serrer la chaire d'un vif livide. Je sens que, entre ses prismes coupant, elle se fige, pétrifie, puis se nourrit pour laisser un peut moins de vie. »

    Marie-Aude : « Je dois être inquiète ? »

    Jean-Claire : « non, ça va mieux. Je suis content que nous soyons ensemble. ». Il regarde Marie-Aude et se mets à rire.  « On ne ressemble vraiment à rien ! Je suis impatient d'arriver à Etretat, je connais un hôtel très joli. Nous pourrons nous laver, nous changer. Je te préparerais un bon bain. Allons y ! »


    Arrêt cinq :

    Les distances changeantes, le soleil avançant, cette détresse de Jean-Claire laisse surgir de nouveau la mort de son père. La culpabilité au centre de ce tacite insurmontable, trône en génitrice.

    C'est cette humiliante mère dégénérer de consanguinité, mutilante invisible de corps décharnés qui la ronge depuis toujours. Elle a su se camoufler dans sa chair, sa personnalité, son métier dans une pleine humanité qui savoure jusqu’à la lie son putride calice d'aliénation.

    Elle voit les chemins de sa vie s'être dessinés autour de cet appétit qui, a pleine bouche, la gavée de la contrainte et la laissant, soumise, s'endormir a terre chaque foi vaincu.

    Âpres avoir enflé mollement depuis toujours, cette chair lactescente agonisante, en une ultime violence, sereine, exhorte en silence cette ombre luisante de souvenir.

    Elle n’est rien qu’une folie partagée césarisée puis nommée :Entière

    Marie-Aude surgit de ses pensées et dit tout haut : « Même entière, ce n'est pas ma réalité. J'ai eu 40 ans hier avec toi. Fille, Femme, Mère, je n'ai été qu'un jusqu'à aujourd'hui. C'est incroyable mais je sais que tu comprends. »

    Jean-Claire : « Les ombres accouchent et la lumière vient.

    Nous irons diner chez Pierre ce soir, je voudrais te le présenter, c'est important. Mais avant, finissons notre voyage. Je voudrais t'offrir quelque chose et aller voir les falaises avec toi.»

     

     

     

     

    Comments (3)

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    Né_wrote:
    Les détails, et beaucoup de musicalité dans les mots, comme à ton habitude...je dirais même, une excellente musicalité.
    July 16
    stephaniewrote:
    Oui les details sont excellents ... j'ai passé un bon moment , gracié.
    July 15
    Finement ciselé,quel soucis du détail.
    Prolixe et imaginatif. Peut étres du vécu..?,peu importe après tout.
    July 15

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