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    July 12

    20. Matin 2

     
     
     

    Ils remontent à contre courant le long de ces murs de pierre humide. Cette vaste fournaise nocturne fumante entrouvre son défilé. Elle se dilate jusqu'à son col visqueux puant. Marie-Aude et Jean-Claire forcent d'un pas chahuté cherchant à se libérer. Ils croisent des regards vitreux remplis de cette petite mort. Ces morceaux de corps jouissent de leurs haines et de leurs craintes. Leurs douleurs est purgée à grande rasade de leur propre purin.

    La fin d'un tapis, une bougie meure, une marche se dessine. Les musiques se mélangent, essoufflés, ils titubent l'un sur l'autre en avançant et tout s'obscurcit puis bascule.


    Quelques heures après, un œil s'ouvre puis deux, trois et quatre. Ils sont allongés sous la veste de Jean-Claire, l'un contre l'autre, à coté d'un banc d'un petit jardin.

    L'air est doucement frais en cette modeste saison, et quelques gouttes fines de pluie les a réveillés pour rejoindre une caressante mousson.

    Les premières lumières de l'Aube leur offre une claire et profonde oraison. Ils restent immobile un moment.

    Hier matin, une frénétique clarté avais assis Marie-Aude, ce deuxième matin l'a couchée pour de bon.

    Ils baignent tous deux dans une matinée embrumée. Sous la pluies, la nature respire de musicales et légères tonalités.

    Marie Aude revient et s'arrêter sur cette journée passée, suspendue des référentiels familiers...


    Le paradigme tant usé vers d’obscurs chemins lui semble alors si lointain. Elle aimerait ne plus voir d'angles droit. Il y en a partout, il y en a trop. Nous en avons rempli nos villes et nos rêves...


    Elle sent contre son dos le torse de Jean-Claire respirer doucement. Elle est aussi envahie de cette odeur sur leurs vêtements. Elle est saisi par le souvenir de ce jeune auto stoppeur sur la route de montagne. Elle chasse le regard paternel du rétroviseur avec une vélocité et une facilité qui la surprend. A cet instant, Marie-Aude a la preuve et la certitude que quelque chose bouge en elle, qu'elle avance.

    La rémanence la pousse vers la résilience.

    Ses souvenirs présents libèrent la source allégorique battant le rythme d'un voyage phallique, léthal d'images et de sensations.

    Le dédale de l'instant grouille de pensées aux fréquences exactes qui mouillent.

    La pluie se pose sur leurs peaux.

    De délicieux vicieux détours se laissent aller sans surmoi. Ses bras passent sous l'étoffe un peu alourdie et humide. Ses doigts fraillent en un lit qui courre. Le sentier de ses mains qui sourient ouvertes et tendues vers le seuil.

    Une Œuvre phalangée s'exécute presque imperceptiblement mais comme jamais avide, elle chahute. Elle est rejointe par les mains de Jean-Claire, délicates, légères, animée d'une présence douce et naturelle.

    Entre sueur et vif moiteur, allongées sous se banc de bois, Marie-Aude s'anime loin des conforts flatteurs des vastes lits carrés vissés aux murs opaques.


    Fièvre et fourreau de prés se disputent pour glisser vers des cambrures insoumises ou s'invite le fier cabre. Appliquée, cette foison de doigts se perd en des tonalités semi cadencées. Leur danse en un pas habile remise de savants palpés qui devisent.

    Les yeux mis clos, Marie-Aude soupir et regarde au dessus d'elle le vent peigner les arbres chantant sous le soleil naissant.

    Au milieu de l'herbe, elle sent son corps que rien d'autre n'anime qu'un souffle en soupirs de flammes. La pluie passe sur son visage et invente de nouveaux chemins que suivent bientôt quelques larmes.

    D'une main légère, Jean-Claire saisit puis tire la nuque de Marie-Aude pour écouter le brulants soliloques partagé de ses soupirs.

    Cette dociles élongations la livre au délicieux abandon.

    Ventre creusé battant contre cuisse, le chant des feux s'assoupit alors doucement.


    Jean-Claire : « Tu as pleuré ? »

    Marie-Aude : « Oui, toujours à ce moment. »

    Jean-Claire : « c'était la dernière fois, levons nous, nous avons beaucoup de choses à faire jusqu'à demain soir. Pour l'instant, allons à Etretat »

    Marie-Aude se lève, s'étire, sourit, prends la main de Jean-Claire :

    « Viens, je crois que la voiture est par là. »

    Comments (2)

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    stephaniewrote:
    La pluie sur la peau, des moments intemporels ...
    La plume est revenue toucher la pulpe de tes doigts, ravie j'en suis .
    Cf livre d'or
    July 12
    tout simplement.......pour reprendre le fil...........
    July 12

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