Dans une emphase, ce sont des verres, puis des fumées qui se succèdent et s'empilent. Les sourires se mêlent aux mots. Les regards courent sur les peaux.
Autour d'eux, tout tourbillonne. Les corps en flammes se juxtaposent et se mélangent. Dans la pénombre baignée de musiques aériennes, ils dessinent des silhouettes étranges. Au milieu de ce tumulte puissant, Jean-Claire et Marie-Aude se fondent en une âme.
Ils rayonnent au centre de ce limbes carnaires affamées qui se nourrissent de ces beuveries. Jean Claire regarde ces calices d'orgie brandis au pas de valse d'une armée botté claquant le talon dans la chaire brulée.
Il ne voit alors que le calvaire de vastes légions courant vers les chimères inventées.
La tête posée contre un coussin pourpre il sourit, triste. Soudain, il remplit l'humeur :
« Tu sais, je suis convaincu que la plus grande fausse route des sciences moderne se trouve lardée dans cette discipline artistique que devrait être la médecine. Nous sommes dans un monde de promesse où la perspective entretien l'espoir. »
Jean Claire, voyant les grand yeux amandes de Marie Aude s'écarquiller de surprise devant ce propos si surprenant à ce moment, se met à rire.
« Excuses moi, je vais essayer d'être plus claire. »
Ils sont tous deux lumineux de pureté dans ce tumulte qui les baignent tout autour. Le désir de ces vies allongées dans la nuit est de poursuivre cet espoir désespéré qui entament le crane de leur raison. Tous ces corps anonymes explorent de leurs forts trépans l'espoir mort de leurs ombres portées.
Ils célébraient l'ère du puant.
Jean Claire poursuit doucement mais sérieusement :
« Je ressens, avec ces douleurs tout autour de nous qui ce nourrissent, une morne lourdeur. Je me rends compte qu' imaginer un lendemain amélioré est essentiel pour maintenir la croissance de notre décadence.
L'humain se projette vers le rêve de meilleur et la médecine est une promesse pour se rapprocher de ce point de fuite.
Pourtant, ne pourrions nous pas imaginer que l'on ait envie d'autre chose que guérir ou avoir plus de temps ?
Et au delà de l'envie, le besoin n'est il pas vers l'accomplissement ? L'immortalité aiderait à atteindre cet accomplissement ou serait elle une prison ? »
En quelques endroits, la voute taillée laisse résonner de lentes algiques digestions de désir frelaté.
A cette heure, les gorges éructent des ressacs moribonds.
Au plein zénith, de cette alcôve utérine, sueur et sang voltigent d'un plaisir jaillissant.
« Je rêve d'un soin qui m'aide à guérir ce qui me sali et m'assombris. J'ai besoin de cet art fondamental pour vivre pleinement mais pas plus longtemps.
C'est ainsi que pourrait s'exercer une sublimation de la santé. »
Marie Aude regarde Jean Claire et sans rien dire, elle pose ses genoux nu contre la Pierre. Un frisson rugueux se mêle aux vagues émues de son cœur. Elle prend la main de Jean Claire et se lève.
Marie Aude : « Il est temps, partons, soignons nous ! »