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January 26 17. SilenceJean-Claire marque un long silence puis fini son verre en grandes gorgées. L'endroit est maintenant réchauffé par la foule qui l'anime. La musique accompagne les bouches aux oreilles pour des mots légers et remplis de lutinages. Les corps de couples en nombres inconstants dansent en rondes de verres suants d'alcool et de sucre. La lumière en sombre chaleur colle les peaux au bois en teintes de candeurs. Au fond, des bras se lèvent en cœur jusqu'à choquer de lourdes pintes. Par ici, le rire haut et fin d'une jeune femme s'élève. Il éclate ostensible pour flatte l'œil humide d'un vaillant prétendant en soif d'unique conquête. Marie-Aude et Jean-Claire, en silence, regardent l'union d'une fête anarchique prendre sens comme par miracle. D'un total chaos, des origines aux improbables humeurs, la vie grouille de ces rêves de joie. Contre à contre, mélangés aux coins du bar, les silhouettes se fondent en mouvements distraits menés par une musique battante. Jean-Claire : « Quand j'ai commandé la deuxième tournée, en glissant un bon billet au serveur, j'ai pu apprendre qu'il y avait une autre salle en bas. Elle est réservée pour certains invités... On peux par exemple y fumer et y manger un peu. Et puis c'est plus chaleureux...On y va ? »
Il presse un peu Marie-Aude en se levant. Elle a encore envie de boire. Elle finit donc son verre d'un trait. Pas question d'en laisser ! Elle veux tout gouter jusqu'au bout. Après un épais rideau de velours rouge, entre des corps moites, ils passent une salle plus vaste sans meubles ou la musique explose de tout cotés. Des murs jusqu'au centre, la foule grouille. Les lumières tournent et dessinent les rythmes des pas. Les mélanges sonores carambolent et emportent les bras. Les épaules se frottent pendant que les hanches s'entrechoquent légèrement. Par ci par là, quelques sautillements se laissent emportés, tête en arrière et lèvre pincée d'un sourire oublié. C'est une liesse en pleine emphase qu'ils traversent en se laissant de temps à autre à esquisser un pas en rythme.
Pris au milieu de tous, ils ne sont plus personne. L'existence à l'autre ne passe plus que par la vivacité de l'échange. Marie-Aude et Jean-Claire se regardent, surpris de ce moment au milieu de ce cyclone qui les ballottent et les rapprochent. Ils se mettent à danser. La traversée attendra sa fin au prix d'une envolée. Les basses lourdes fond vibrer leurs vêtements et entrent dans leur peau. De tout autour d'eux, l'abandon généreux les emmène dans une folle chaleur. Leurs jambes frétillent encore d'alcool et n'innocente et naïve envie. Comme depuis leur premier bonjour, ils ne se jugent pas et s'abandonnent à cette communion impromptue. Tout cela parait si normal à Marie-Aude. C'est dans l'ordre des choses. Elle ce met à éclater de rire en regardant Jean-Claire. Elle repense à son appartement, il est certain que les murs rejoignent le plafond … mais cela ne l'intéresse plus du tout. Au fil des battements hypnotiques, la masse humaine entière chavire dans un unique déchainement. Tous les muscles luisants se confondent en de nouvelles anatomies foisonnantes de plaisir. Jean-Claire tends les bras et caresse l'espace autour d'elle. Ils sont une partie de se tout qui glisse vers une quintessence du tantrisme, ils creusent de corps en proche leurs négatifs chiraux dans les reflets des lumières galopantes. Révélateur de la perspective ultime, ce partage résume puis vaporise dans l'air chaud et humide une vraie profondeur sans recoin. Dans la transsubstantiation des harmoniques leur intime carcan social fornique avec le marketing viral qui sourit, s'onanise puis disparaît... insignifiant. Écorchée vive dans l'ultra présent, Marie-Aude bouillonne à perdre haleines. Ces anciennes craintes se nourrissent aux hosties de la fange qui prend un arome qu'elle redoutait de savoir aimer. Et comme un tridentin aux bases apocalyptiques, elle célèbre une éclosion de désir. Elle laisse crier et vivre de nouvelles questions, de nouveaux plaisirs à venir. De cette messe en chair dévoilée, négation et absence des mots, ne serait il pas agréable ? Si l’on si penche pourrait t elle être délicieusement palpable ? Et Jean-Claire, en face d'elle, si rayonnant de ses mouvements amusés, ne coure t il pas se cacher vers nul part aux instants les plus surprenant de cette journée ? Mais n’y a-t-il pas en lui un inappréhendable mais précieux enivrement ? Le son l'emporte encore, charge et pénètre en nourrisseur. Son corps s'arque puis se cambre et se tord en souple instrument.
Jean-Claire hurle vers elle : "Joyeux anniversaire !! "
C'est dans cet air qu'ils s'oublient : lunaires. Comments (5)
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