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November 23 26. HôteTrente et quelques autres minutes de marches pour rejoindre le haut de la falaise. L'air est tiède en cet après-midi. 263 Marches sommaires et irrégulières sont gravies en silence. L'un pensant à ce qu'il allait partager, l'autre concentrée sur ses pieds et sa robe retroussée. C'est un endroit encore un peu sauvage qui se découvre au milieu de cette hauteur essoufflée. Une petite chapelle curieuse, quelques herbes et cailloux et tout le reste en bas. Jean-Claire sort de son petit sac à dos une couverture qu'il pose à une bordure du vide. Il invite Marie-Aude à s'y installer. Posés là, contre à contre. Le vent fort les enrobe en ne passant que partout autour d'eux. Le souffle encore un peu rapide, leurs sens ouverts et caniculés, ils se regardent dans le ciel, la tête dans le vert berçant. C'est une place. Invités, ils là remplissent. Ils écoutent d'abord, de tombes en ravins, déferler les douces lames guidées par la marée. Le long des pierres en dessous, l'eau murmure de claires histoires. Imprenable, à l'existence entre filée, ce recoin sans mur respire le soleil avant de caresser les reflets lunaires bientôt levant. Il tourne la tête et La regarde. En cascades puissante d'improbables charmes, c'est un regard droit et étroit clignant aux rayons obliques du soleil qui vient trouver celui de l'autre. Verticaux, les yeux sont chargés d'offertes sécrétions. Ils sont un entier concordismes dévalant les grâces qui posent une nue et légère trace sur cette place. Cette courbe de terre et de pierre se tend sans mouvement et épouse l'offrande libérée de leurs flans caressants. Parfaitement vernaculaires ils sont généreusement absent de partout ailleurs. Juste la confluence est sans douleur, ils évitent alors d'être en dehors de l'autre. Vivants, ils y respirent. Prestige sur son trône flamboyant, ganté pleinement d'un miel sursoyant il caresse de la main sa joue. Se développe alors, en explosion de carcans, leurs pulsions foisonnantes d'expertes germinations. Ils s'approchent et c'est un baiser qui déverse l'énergie d'un brasier polarisé. Ils voyagent, les yeux clos, de leurs bouches en foyer vers les limbes en émulsion spinales. Leurs sens crépitent en aréiques chorales. De plaisir, elle cambre l'échine en un délicieux lâché prise racontant de chaloupées devises. Accouplés que par leur courants décuplés, ils mêlent leurs conductions en langues malaxées. Ils soulèvent un savant bouillonnement explosant et délassant. Il se fond du creux de gorge jusqu'au rein. Dévalant, il chemine entre acmé et zénith pour embrasser la charge qui monte et palpite. Jean-Claire se lève et prend la main de Marie-Aude. Il l'attire vers la petite église aux robustes élans celtes. Il trouve dans sa poche un jeu de clé. Après un cadenas et deux serrures, il ouvre la porte et sans hésiter, entraine Marie-Aude. Lustré et présenté, leur désir mange l'heure. Le plaisir invente d'autres seuils. Ils entrent. C'est une enclave qui s'ouvre à eux. Les bâtisseurs ont taillé leur pierre. A ce moment ils définissent le présent pour mieux comprendre pourquoi disparaître. Main dans la main, ils passent le long des murs blanc et regardent les scènes. Réempucelés sous les couleurs filtrées des vitraux, ils retrouvent leur virginité juste avant l'instant de la perde. Une pureté qui célèbre de la seule manière complète cet âtre lumineux. Ici, les angles sont rares et toujours symboles. C'est alors que, au milieu des chaises de bois, innées et carnassières, les succubes s’ouvrent en des thermes sauvages où s’abandonnent les mains de Jean-Claire qui gitent et manœuvrent sous le lourd coton de la robe de Marie-Aude. Les fragrances tonnent. Dans leurs yeux, un reflet de chaleur scelle la primeur de la prière profonde, lui, le cou pendu sur une flore en ronde qu'elle offre alors. Il serre alors Marie-Aude contre lui en une douce brimade. Une brume poussée le long de douces palissades de lumières frôle leur commune échine profonde et moite. Muselés par des envies incurvées, ils suivent Narcisse et longent les courants clairs et vifs au sein de leur songe. Les yeux clos pour d’intimes mots pensés qui s’allongent, maternelle, elle berce enfin de sa pleine chaire d’ange. Elle sent dans l'espace des écartements de chaleures, ses vapeurs frisant le cheveu aguicheur. C'est une clé de bras qui cède doucement à la commissure, un pêne tendu vers une tendre serrure. Une lumineuse enjambée, en silence, allume de vifs ampleurs d'impatience. Feutré et flou, l'air gonfle leurs cœurs. Dense et déposée leur chair touche l'oeil. A corps déployés, ils occupent tout l'espace. Agrippé à la pierre à ongles fébriles, ils goutent la myrrhe frottée sur leurs peaux. Les rugosités crissent, étincellent puis lubrifient leurs germes de saillie. Ils s'entrent et se sentent au sein de cette chapelle utérine. Dans les reflets des ombres croisées, allongé contre Elle, Il aime plonger à plein crane à la surface dépolie de ce moule cuivré. Elle aime ce gabarit changeant d’odeurs à chaque envolée, elle est lentement saoulée de cette petite chimie. A jour voilé et déraison carnée, ils précipitent leurs parfums dévoilés. C'est à même le sol, puis sur l'autel qu'ils s'illustrent en parfaite et ultime sanctification de la grandeur de leur beauté. Ce sont de brulantes chevauchées enlacées qui composent une aqueuse humeur perlée. Leurs cœurs rejoignent leurs corps. Les peintures et icônes accompagnent leurs âmes. Tout le lieux est attentif. Il accueille et vibre à cette harmonique qu'ils font monter de la messe de leur chair. C'est leur place. Hôtes, ils l'habitent. Secoué par les trémulations épileptiques et charnues de la circulation, de torrides flux tendus se ramassent pour mieux se fondre au fond. Et c'est toute ces représentations lactescente qu'elle eux envie de goutter en lentes et sirupeuse gorgée. Dévorés, magnifiés, déversés. Enfin, ils s'allongent avec l'unique envie de respirer.
November 19 25. BlancsDans une étreinte à bras plongeant, l'un contre l'autre, les yeux clos, ils se mirent à composer une énergie aux synapses foisonnantes. Leur respiration se fit petit à petit plus calme et ample. Les fragrances se mélangent : Le bain, leur peau, le coton de la robe sur les pieds nus, l'odeur du bois ciré autour d'eux et la colère épuisée. Jean-Claire : « Nous dinerons chez XXX ce soir, j'aimerais que tu portes cette robe. Je te laisse te préparer. » Jean-Claire ramasse la robe et lui tend, il embrasse Marie-Aude sur le front pour tout ce qu'elle est. Marie-Aude : « Ce doit être quelqu'un d'important pour toi... Elle est superbe cette robe. Merci beaucoup, je l'aime. » Jean-Claire se laisse tomber sur le lit. Marie-Aude marque une pause et regarde Jean-Claire allongé en travers sur les draps Blancs. Il est pâle, il parait calme. Elle trouve en lui un mélange de douceur, de violence et de douleur. Jean-Claire sans bougé : « Nous avons des choses importantes à faire … Je voudrais te demander quelque chose demain, mais nous avons le temps. En attendant, il fait beau, allons sur les falaises du coté nord-est ! Tu verras c'est très beau.» Marie-Aude : « C'est une bonne idée, allons respirer » Jean-Claire sourit : « Alors … Je t'attends » Jean-Claire regarde Marie-Aude se retourner, marcher vers la salle de bain. Pâle, sur les draps, il soupire et baisse lentement ses paupières. Elle entre puis ferme la porte. Le carrelage, les murs, la faillance, tous ces Blancs neige, aspirants, du moment d'avant, perchés dans l'air, ont fondu. Ils sont devenus ondés. Ce n'est plus la même pièce. Le carrelage est tiède. Les mosaïques embrumées des souvenirs se vaporisent sur le miroir maintenant face à elle. La buée montée de l'eau échappée entre email et peau dessine sont reflet. L'embryon chimérique de son angoisse de morcellement se fige en une agénésie complète. D'une passe de paume sur ce voile, elle chasse le nuage du miroir. Elle se penche un peu et se regarde au fond. Un sourire viens la surprendre. Elle a appris depuis peu à aimer être surprise. Elle a très envie d'être Belle. Elle laisse tomber le peignoir à ses pieds et regarde ses seins dans le miroir. Elle les touche, les englobe puis les soutient haut. Elle penche la tête en se contemplant et fait une petite moue. Elle prends alors la robe et la met contre elle. Elle remarque sur ce coton Blanc un travaille de broderie très fin qui a parsemé un zodiaque d'étoiles de dentelle. Seule couleur, un ruban brillant bleu turquin qui ceinture sans nœud. Elle sera parfaite pensa elle. L'élégance de ses mouvements, dans une danse dolente dessine une architecture aux mouvements onctueux. Le coton glisse sur sa peau et s'habite en de lourdes et longues toges jusque derrière les yeux. Sublimée dans une délicate souplesse qui précise en son sein le milieu, elle tourne, se regarde et caresse d'un érotisme thanatique de ses sens généreux son image et ses reflets en une purpurine église.. Au doux sein de l'asynchrone réalité, son cœur rayonne au centre de la robe. De sa tendre nuque nue courbée, saisissante, essentielle, ostensible et précise, elle redresse le regard sans doute, crevant la voute par ces joutes. Elle aime cette lumineuse facétie animale et parfumée qui vient danser dans son regard. Le rein creusée et l'œil enflammé, elle ajuste ses cheveux encore humides. Marie-Aude à travers la porte, avant de l'ouvrir : « Je suis prête ». Jean-Claire toujours allongé tourne la tête vers elle et voit, en un instant, s'effondrer son opalescente virginité en de vapeurs exquises. Une débauche traverse le regard de Jean-Claire en une fluence saline qui envole ses chaleures alors écumantes folles. Son teint s'éclaircit, et sa langue plissée en congestions palatines se découvre d'un sourire aux candeurs dansantes, mutines. Marie-Claire, debout devant le lit, les bras simplement le long du corps, regarde les joues de Jean-Claire s'animer d'un doux rosé. Une goutte d'eau se laisse tomber de la pointe d'une mèche de ses cheveux. Cette humide impertinence chevauche d'une épaule vers sa poitrine. Elle aurait raison des rares résistances du regard et les aurait diluées en vague ébauche. Elle est Muse sursexuée, désirée, tronant au détour de son haut mausolée, à la fluence de la rencontre, elle réduit distances et fractures. Jean-Claire ne voit plus que Marie-Aude immobile souriant légèrement. Elle est fulgurance charnelle endiamantée de lumière. Elle est l'harmonie dessinée en des lignes idéales fantasmées. De ces Glandes offerte Multicéphales, elle érige la vigueur de tantale. Fendu sur un coté, Dans une débauche parfaitement incomplète le coton, comme une soie d’étoffe qui couvre en surpeau, s'ouvre sur la jambe de Marie-Aude. Sa peau découverte est hérissée en un cholinergique manteau.
En regardant Jean-Claire, elle passe sa main dans ses cheveux et dans les entre-digitaux interstices, ils croisent ses doigts en de doux crochets de sévices. Maintenant, ses deux mains tendent puis tirent la longue chevelure qui frémit puis cajole les ratures. En un Inique coït anéchoïque, l'un face à l'autre, leurs pensées se déversent en flots de cyprine priapique qui galope en varlopant assauts, et qui se résument en un unique et catalytique séminale sursaut. Ils sont ensemble, ça a un sens. August 17 (.) Fleur fatale / VerhaerenLe carré devient cube, se déliant, S'envolent les sphères de son volume Que les couleurs aveugles parfument. August 06 24. AcatalepsieMarie-Aude sentit alors la rage latente se reconstruire et, sans le vouloir, ses poings se referment, ongles en paumes. Il y a du temps, de l'espace et du silence entre eux. Elle regarde Jean-Claire et se met à crier doucement au début et à taper contre la poitrine de Jean-Claire. Lentement, en crescendo, elle exhorte : « Pourquoi es tu parti ? » Ses coups se font plus lourds et profonds, de gorgées doubles suintantes elle crie : « Tu n'as pas à partir comme ça !» Jean-Claire s'ouvre et accueille cette colère enracinée depuis longtemps. Marie-Aude : « Je ne savais pas si tu reviendrais ! » Elle frappe, lâche sa voix le long des bords prognathes et la laisse envelopper de ses éclats tout l'espace : « Je ne suis pas encore prête ! ». Sa rage coule au delà des barrages longtemps fiers et triomphant maintenant incontinents et dérisoires : « Pas encore ! Pas maintenant ! ». De gencives en muqueuses, dans une danse de langue trop étreinte, s'enlace spumeuse toute la colère germée du semi de son passé. De cette sourde fièvre lactescente, ses hurlements recouvrent les cris. Les coups pleuvent et résonnent sur le torse de Jean-Claire. Marie-Aude, de carmin et d'écume transmutée : « Pas prête ! C'est trop tôt ! ». L'entière émotion trouble sa voix d'une dysphonie haletante qui cherche un chemin et qui ne trouve que celui vers l'ivresse de l'anoxie gazeuse au lointain. Marie-Aude : « Trop tôt tu entends !? ». Le souffle lui manque, elle ne sait pas pourquoi mais à ce moment, elle peut déposer l'énorme charge et se libérer. L'imperiosité vibre et s'ouvre sur les gouttières de ses sens qui déborde de la saison des ciels pourpres denses. Ce trop plein émotionnel voile ses yeux d'une couleur profonde et lisse. Ses jambes tremblent et manquent de céder sous ce poids hémétisant. L'air rare alourdie sa langue tricuspidée devenue Maitresse convolutée du clavage enfin planté. Elle adoube l'ultime clé de voute de son temple aux tours inachevées qui s'élancent loin des yeux, entre cœur et moelle, dans le silence de la suffocation. Maintenant, Marie-Aude est pale. Son peignoir c'est ouvert sur l'impudique asexué de la disgrâce du vacillement. Elle n'est pas le gardien de l'impénitence des vivants disparus. Quatre temps décennaires et c'est une fin de course à jambes entamées rouges et chairs dont la foulée a lève des spores englués dans une terre moirée. Par son ventre pousse et germe la résilience. Longue du temps, elle dessine sa dolence. Chaque sens de Marie-Aude trépigne et bourdonne. Encore quelques pas...Ne pas céder ni tomber. Asthmatiforme, ce n'est plus qu'un murmure larmé qui bave en fin de souffle court : « C'était … C'est ... » Laissant tomber la robe à terre, Jean-Claire saisit au vol calmement les fins poignets de Marie-Aude à ce moment prêts à se rendre : « Je sais, excuses moi, cela n'arrivera plus... ». Face à face amécanique appliqué et huilé de la digestion de lointaines tensions de fossiles d’allure qui pas à pas chauffent puis bruleront, ils le savent. Ils sont dans une trans-fertilisation oxysmique parfaite qui embouche d'un baiser d'inexorables déchirures. Un nouveau silence, les regards essoufflés, sans réfléchir, ils joignent leurs bras à leurs poitrines et, de dos en paumes, ils se serrent l'un à l'autre. C'est une improbable mais inexorable étreinte qui tisse l’aveugle chair en de lents et mesurés sacrifices bipolaires. Leurs sens transigent et animent la fragile violence qui s’élance et inspire la flamme vive d'un chronique déclin. Marie-Aude a été, est et sera Reptilienne et essentielle, Reine mère et sentinelle. Elle ouvre ses tendres ailes là où IL se mêle et se déchaînera !
De leurs chairs, ils ne se quitterons bientôt plus.
August 01 23.RefletsAutour de Marie-Aude, le bain est calme. L'eau immobile pèse un peu partout et dissout sa perception de ou commence son intérieur et ou fini l'extérieur. Tête en arrière, elle glisse sa nuque le long de l'émail blanc jusqu'au dessous du respirable. A ce moment précis le silence l'enveloppe en un Maillot amniotique parfait. Une douce chaleur filtre de pore en eau. Cheveux en arrière, elle remonte sa tête et sa lente respiration, dans le silence, laisse flotter sa poitrine entre mousse et lumière. A la fois, centrée dans le vide de ses pensées vers le noyau de ce qu'elle est , mais aussi diluée dans une unité qui embrasse bien au delà. Elle est connectée. Marie-Aude est en prise avec le vivant dans son entier. Cette vague d'émotion brute qui la submerge dépasse ce qu'elle avait pu envisager. Elle comprend cette unité qu'elle n'avait pas imaginé. Elle ressent ce tout et comprend qu'elle en fait partie. Jean-Claire a rendu cela possible. En un même moment, elle peut ressentir, comprendre, et se libérer de tout ces nœuds passés, de ces vents contraires et de ces blessures stoïques. Tout ce pu qui circulait en réseau dans sa chair se mélange et se pétrit avec tout ce qu'elle est jusqu'à maintenant. Il n'y a pas le souvenir d'un père ni d'un auto stoppeur rappelé par Jean-Claire mais des hommes. Il n'y a plus l'enfant coupable puis l'infirmière qui s'oublie en voulant se racheter mais une femme. Ces bruissements de l’intérieur cristallisent les intimes ferveurs. Le temps a consommé les peurs et mutilé le flou des rancœurs. Les espaces du tout se fondent entre une amertume sucrée du souvenir et l’absence du moment rêvé. Par les silences muselés, les échos pleurent avant de partir.
Ses pensées rejoignent celles de Jean-Claire qui rentre d'un pas pressé, une robe serrée contre lui. Sa certitude se reflète en Marie-Aude et sa magnifie dans cette chiralité. A l'orée du bain, elle se sent chatouillée et empoupée de belles pensées. Elle se cambre et cadencée, elle les sanctifie glorieusement par des convergences salées. Son corps inanimé palpé par les ondes humides la plonge dans un vide innommé. Le dernier mouvement qui compose ce moment est douloureusement profond. L'amnios va se répandre et Marie-Aude ressent, non pas une schizoïde Angoisse de morcellement, mais de dissolution. Les volutes de buées mêlées à son souffle, chantonnent les incantations séculaires enivrantes d'une irrémédiable dépersonnalisation. Jean-Claire lui manque. C'est une morsure inopinée, violente et profonde. Il laisse dans cette chambre un vide béant évident qui tenaille sans prévenir.
Elle ne veux plus jamais se séparer de Jean-Claire. Elle est convaincu que cela est possible même si cela doit passer par de véhémente croisades chair à chair. Marie-Aude sent monter une nouvelle rage déterminée qui ne déviera pas du moindre degré.
Elle entend le pas rapide et impatient de Jean-Claire qui monte les escaliers. Fébrile, elle jaillie hors de l'eau devenue fraiche. Elle ressent chaque mouvement précipité comme une barrière de moins pour exister, un moment de plus passé qui la rapproche de Jean-Claire. Ses gestes désordonnés épandent les restes de mousse sur ses vêtements sales étalés un peu partout sur le carrelage gris. Rien ne va assez vite. La clef de la porte de la chambre s'anime et la porte s'ouvre, Jean-Claire entre. Marie-Aude ne supporte plus la moindre seconde inutile qui l'éloignerait de leur essentielle étreinte qui effacera ce vide et amènera la vie. Elle saisit un peignoir qu'elle passe sans se sécher. Son sang bat, au forces de l'élan, de ses tempes à son ventre. Les cheveux en crinière orageuse, elle butte contre la porte, l'ouvre, surgit face à lui. Ils sont tous les deux haletant, le souffle court cherchant l'air en l'autre, le reflet complet de chacun. July 18 22. SilencesPassées les larges voies cadenassées, sous un soleil déjà haut, leur route s'échappe vers l'air salin. A cette heure, c'est un chemin léger qui s'ouvre alors à eux. Il aime chanter les arômes des cœurs qui passent. Il se love en serpent lumineux et dessine des sourires embrassant la colline. Marie-Aude et Jean-Claire approchent la petite ville tout en regardant le lointain si proche. Comme une caresse de frissons, il dessine à foison ,sur les flancs de l'horizon, des contes aux phonèmes boisés berçant leurs songes d'éternité. A la radio, une vielle chanson de John Lennon souffle un air de nostalgie brodé de liberté dissolue. L'air tiède glisse les arômes du littoral en tourbillon au travers des vitres larges ouvertes de la vieille Fiat de Marie-Aude. Devant eux, ce moment irradie de ses chaleurs sur le velouté et ailleurs de la fertile vallée creusée par le murmure musé ce cette composition. Arrivé devant le château des Aygues, moteur coupé, frein à main serré, contre le flan de la colline, il y a entre eux un silence qui, dés son commencement, était évidemment long. Un silence parfait qui ne demande pas à se rompre. Un de ceux qui ne peut être que partagé et compris. Un silence qui se construit avec tant de temps et de bruit avant. Il ne leur aura fallu qu'un jour pour celui là. Il est d'un délicat torrent d'abandon. C'est une acmé à venir qui regarde et raconte le plaisir du voyage qui la construite. La finesse de sa ciselure annonce la force gothique des falaises à venir. Ils les graviront toutes. Jean-Claire : « Nous sommes un peu loin des falaises mais il y a des chambres d'hôtes dans ce château. J'ai toujours eu envie de venir ici, pour une nuit, tu es d'accord pour qu'ensemble, nous en partagions une ? » Marie-Aude, d'un ton impertinent de complicité : « Finalement, tu es plutôt vieux jeu parfois ! Tu me dois un bain non ? Allons y, j'en ai vraiment besoin depuis la nuit dernière. » Un nom donné, un registre jauni signé, deux étages de bois montés et les voilà dans cette chambre clair habillée de lourds tissu de velours brodé. Jean-Claire va dans la salle de bain et commence à faire couler l'eau chaude dans la baignoire de fonte qui trône au milieu. Il y mêle des huiles parfumée et laisse Marie-Aude s'installer. Une fois la porte fermée, Jean-Claire annonce à Marie-Aude qu'il a une course à faire qui ne durera pas plus longtemps que le temps qu'il faudra à son bain pour ne plus être assez chaud pour y rester. Marie-Aude, entend ensuite le pas de Jean-Claire s'éloigner sur le vieux parquet grinçant, la porte de la chambre se fermer, puis un silence. Cette foi ci, le silence du vide qui se creuse, égoïste et affamé. Il est de ceux qui saisi et désarme. Il donne ce désagréable vertige de l'abandon. Il n'aura fallu qu'un jour pour celui ci aussi. Marie-Aude essaie de chasser se malaise inattendu, elle se dévêtit, attache ses cheveux et entre dans l'eau fumante. Elle s'allonge et, le yeux clos, elle goute ce moment. Pendant ce temps, Jean-Claire part dans la ville rejoindre une petite boutique fondue depuis toujours sur la façade des cartes postales en noir et blanc. C'est une mercerie ou l'on peut trouver aussi quelques vêtements oubliés de dentelle et de coton épais. Il entre et vif, il regarde les recoins chargés de piles désordonnées de tissu. Son regard est précis et avide, il sait ce qu'il cherche et il connait son importance. C'est au détour d'un flou bavard, ombrée d'un trouble en mouvements, que ses cils, distants de tout autour, bercent le moment. Il a trouvé, d'un plissement des yeux, une mousse enluminée qui d'un essor, sous le soleil filtré par la fenêtre salie, soulève un pale nuage d'or. Il a trouvé la robe parfaite que portera Marie-Aude. Son étoffe blanche est un philtre doué qui révélera les formes souples en dessous du moi. Dans le lent déclin doux du temps, il imagine déjà Marie-Aude vêtue de ce silence qui hume les creux scintillant des limbes. Un de ces silence barbare et solaire, un de ceux rare qui propulse d'une focale Reine sublimant cette ceine tribale. Ce silence qui, précisément, compose léger, le Champ pascale dans lequel Sibylle s'annonce en doux mistral. Il sent soudain alors l'absence qui s'abat sur lui. Il fait jaillir un manque qu'il ne soupçonnait pas aussi mordant. Devant cette robe inhabitée, Jean-Claire est parcouru d'une tarentuleuse excavation du fossé du vide laissé par Marie-Aude. C'est maintenant une douleur de l'âme qui s'exhume sur des corps ancestraux mis de coté. Elle scelle, insalubre, sa priapique épreinte, enthymème du chaos aux flammes étreintes. Le souvenir proche de leurs regard s’annonce et vacille sa danse bancale devant les dentelles légeres. Ce manque violent s'impose en une bouche qui se tend, égout offrant ses pétales. Il se loge, encore tiède, dans le chaud de l'élan autour des filets de leur attachement nouveau mais déjà si ancien. Il tire ces envergures au lubrique cordeau. Un manque qu'il veut engorger jusqu’au-delà ces rivages parfaits. Jean-Claire veux que tout soit parfait. Il sait que cela est enfin possible. Ce sont tous ces élément diffus depuis le premier mot, le premier regard, qui, lorgnant les plus résistants doutes, racontent l'évidente certitude et plaque les chaires en fondant l’entendement. Impudique rétine qui déchire les sceaux, Jean-Claire ne veux plus perde de vu Marie-Aude. Il tremble un peu, s'avance maladroit vers une vieille femme à qui il donne d l'argent avant de sortir de la boutique, la robe dans les bras. Rentrer au château.
Il ne veux plus jamais se séparer de Marie-Aude.
July 15 21. AutorouteSans chercher se qu'elle va trouver, Marie-Aude suis les indications de Jean-Claire pour rejoindre leur étape. Cinq pauses café sur le bas coté de la route les ont menés au bord de mer. Cinq moments silencieux parfumés de brulants cafés et habités de frissons de fatigue. Ils n'ont pas beaucoup dormi. Premier arrêt : Marie-Aude repense à son appartement. Il lui semble très lointain. Elle mange quelques madeleines trempées dans son gobelet de plastique brulant. Deuxième arrêt : Elle passe aux toilettes de la station. Elle se rend compte qu'elle a laissé le sac en plastique avec ses affaires de l'hôpital chez Éric. Elle prend un café au lait et regarde Jean-Claire, elle lui sourit. Le temps fil comme les notes d'une vieille boite à musique. Troisième arrêt : L'air de repos est désert. Seul une voiture, portières ouvertes, laisse crier un vieux morceau des Doors. Elle croise le regard silencieux de Jean-Claire. Il est calme et posé. Soudain après un café noir et un cake sous cellophane dévoré, Jean-Claire étouffe un gémissement. Marie-Aude comprend tout de suite qu'il se passe quelque chose. Elle a trop eu l'habitude de sentir ces moments d'incandescence surgir sans prévenir. L'odeur de l'hôpital la saisit à la gorge. Elle voit les yeux de Jean-Claire, pupille dilatée endolorie et pénétrée par cette partielle intimité condensée. Il ne peux masquer la douleur qui c'est accablée puissante puis tantôt louvoyante, inspirante puis pénétrante. Elle c'est installée, elle creuse sa mobile digue aimante ai creux de son ventre. Marie-Aude passe ses bras autour de Jean-Claire dont les jambes luttent pour ne pas céder. Elle sent par diffusion de proche en proche, des spasmes appeler un mal qui résonne entre les caves emmaillotées de son sel. En un hideux creuset, soufre et embrun, affreusement généreux, scellent une lenteur qui distille une essentielle et profonde douleur. Les dents serrées et les yeux soudés, papilles crépitantes ornées de l'écume d'un souffle coupé, l'instant reste de plomb ciselée. Jean-Claire gémit d'un douceâtre octave composé de diaphonies. Saumâtre, ocre, terreuse, d’une voix hantée elle mâche ses scansions en une lunaire Alchimie. Un silence, une soupir, Marie-Aude aide Jean-Claire à rejoindre la voiture. Il s'allonge à l'arrière, elle démarre. Arrêt quatre : Jean-Claire : « Je vais juste prendre de l'eau... Excuses moi pour tout à l'heure. Quand ça m'arrive, c'est comme une image qui gicle sur un surgissement. Organique essence braisée du dedans. Elle embrasse hurlante après le franchissement de ce que je suis. C'est un ample déchirement aux battements sourds et puissants. Sans prévenir, une subite acmé crachée du parfait vide, viens serrer la chaire d'un vif livide. Je sens que, entre ses prismes coupant, elle se fige, pétrifie, puis se nourrit pour laisser un peut moins de vie. » Marie-Aude : « Je dois être inquiète ? » Jean-Claire : « non, ça va mieux. Je suis content que nous soyons ensemble. ». Il regarde Marie-Aude et se mets à rire. « On ne ressemble vraiment à rien ! Je suis impatient d'arriver à Etretat, je connais un hôtel très joli. Nous pourrons nous laver, nous changer. Je te préparerais un bon bain. Allons y ! » Arrêt cinq : Les distances changeantes, le soleil avançant, cette détresse de Jean-Claire laisse surgir de nouveau la mort de son père. La culpabilité au centre de ce tacite insurmontable, trône en génitrice. C'est cette humiliante mère dégénérer de consanguinité, mutilante invisible de corps décharnés qui la ronge depuis toujours. Elle a su se camoufler dans sa chair, sa personnalité, son métier dans une pleine humanité qui savoure jusqu’à la lie son putride calice d'aliénation. Elle voit les chemins de sa vie s'être dessinés autour de cet appétit qui, a pleine bouche, la gavée de la contrainte et la laissant, soumise, s'endormir a terre chaque foi vaincu. Âpres avoir enflé mollement depuis toujours, cette chair lactescente agonisante, en une ultime violence, sereine, exhorte en silence cette ombre luisante de souvenir. Elle n’est rien qu’une folie partagée césarisée puis nommée :Entière Marie-Aude surgit de ses pensées et dit tout haut : « Même entière, ce n'est pas ma réalité. J'ai eu 40 ans hier avec toi. Fille, Femme, Mère, je n'ai été qu'un jusqu'à aujourd'hui. C'est incroyable mais je sais que tu comprends. » Jean-Claire : « Les ombres accouchent et la lumière vient. Nous irons diner chez Pierre ce soir, je voudrais te le présenter, c'est important. Mais avant, finissons notre voyage. Je voudrais t'offrir quelque chose et aller voir les falaises avec toi.»
July 12 20. Matin 2Ils remontent à contre courant le long de ces murs de pierre humide. Cette vaste fournaise nocturne fumante entrouvre son défilé. Elle se dilate jusqu'à son col visqueux puant. Marie-Aude et Jean-Claire forcent d'un pas chahuté cherchant à se libérer. Ils croisent des regards vitreux remplis de cette petite mort. Ces morceaux de corps jouissent de leurs haines et de leurs craintes. Leurs douleurs est purgée à grande rasade de leur propre purin. La fin d'un tapis, une bougie meure, une marche se dessine. Les musiques se mélangent, essoufflés, ils titubent l'un sur l'autre en avançant et tout s'obscurcit puis bascule. Quelques heures après, un œil s'ouvre puis deux, trois et quatre. Ils sont allongés sous la veste de Jean-Claire, l'un contre l'autre, à coté d'un banc d'un petit jardin. L'air est doucement frais en cette modeste saison, et quelques gouttes fines de pluie les a réveillés pour rejoindre une caressante mousson. Les premières lumières de l'Aube leur offre une claire et profonde oraison. Ils restent immobile un moment. Hier matin, une frénétique clarté avais assis Marie-Aude, ce deuxième matin l'a couchée pour de bon. Ils baignent tous deux dans une matinée embrumée. Sous la pluies, la nature respire de musicales et légères tonalités. Marie Aude revient et s'arrêter sur cette journée passée, suspendue des référentiels familiers...
Elle sent contre son dos le torse de Jean-Claire respirer doucement. Elle est aussi envahie de cette odeur sur leurs vêtements. Elle est saisi par le souvenir de ce jeune auto stoppeur sur la route de montagne. Elle chasse le regard paternel du rétroviseur avec une vélocité et une facilité qui la surprend. A cet instant, Marie-Aude a la preuve et la certitude que quelque chose bouge en elle, qu'elle avance. La rémanence la pousse vers la résilience. Ses souvenirs présents libèrent la source allégorique battant le rythme d'un voyage phallique, léthal d'images et de sensations. Le dédale de l'instant grouille de pensées aux fréquences exactes qui mouillent. La pluie se pose sur leurs peaux. De délicieux vicieux détours se laissent aller sans surmoi. Ses bras passent sous l'étoffe un peu alourdie et humide. Ses doigts fraillent en un lit qui courre. Le sentier de ses mains qui sourient ouvertes et tendues vers le seuil. Une Œuvre phalangée s'exécute presque imperceptiblement mais comme jamais avide, elle chahute. Elle est rejointe par les mains de Jean-Claire, délicates, légères, animée d'une présence douce et naturelle. Entre sueur et vif moiteur, allongées sous se banc de bois, Marie-Aude s'anime loin des conforts flatteurs des vastes lits carrés vissés aux murs opaques. Fièvre et fourreau de prés se disputent pour glisser vers des cambrures insoumises ou s'invite le fier cabre. Appliquée, cette foison de doigts se perd en des tonalités semi cadencées. Leur danse en un pas habile remise de savants palpés qui devisent. Les yeux mis clos, Marie-Aude soupir et regarde au dessus d'elle le vent peigner les arbres chantant sous le soleil naissant. Au milieu de l'herbe, elle sent son corps que rien d'autre n'anime qu'un souffle en soupirs de flammes. La pluie passe sur son visage et invente de nouveaux chemins que suivent bientôt quelques larmes. D'une main légère, Jean-Claire saisit puis tire la nuque de Marie-Aude pour écouter le brulants soliloques partagé de ses soupirs. Cette dociles élongations la livre au délicieux abandon. Ventre creusé battant contre cuisse, le chant des feux s'assoupit alors doucement. Jean-Claire : « Tu as pleuré ? » Marie-Aude : « Oui, toujours à ce moment. » Jean-Claire : « c'était la dernière fois, levons nous, nous avons beaucoup de choses à faire jusqu'à demain soir. Pour l'instant, allons à Etretat » Marie-Aude se lève, s'étire, sourit, prends la main de Jean-Claire :« Viens, je crois que la voiture est par là. »May 24 19 LueurYouTube - Antonin Artaud
January 28 18. OxysmiqueLa chaleur humide et sombre gagne leur peau. Leurs bouches ouvertes cherchent le chant d'un nouveau souffle. Marie-Aude trébuche talon oblique sur le sol lubrifié. Pourtant, il ne manque plus un quart de temps ou une moitié de début. C'est donc elle d'en dedans qui, inscrite dans ce groupe, à émis cette approximation. Elle se sent vraiment parti prenant, à bras le corps, dans sa réalité. Actrice, le temps fil constant sans distorsion. Serait ce cela un bon moment . Il suffit qu'il passe, justement, sans se courbé dans l'espace dissonant. Ainsi il échappe aux antennes, à l'intégrité, aux tuyaux affamés. Tant de vies ligotées au dessein étranglé. Les rêves miniaturisés sous le fouet de la peur de manquer. Tout cela parait loin, Marie-Aude n'a pas chasser ce qui la définie. C'est ce temps nouveau, si bon, gonflant d'amplitude qui lui fait tant écrire vers l'avant que l'allongement éloigne. Les perspectives changent. Elle se rattrape au bras de Jean-Claire et lui fait signe de s'arrêter. Elle veut se reposer un moment. Jean-Claire cherche un endroit ou s'assoir. Il n'y a rien.
Il remarque quelques mouvements vers un coin de la piste. Donnant le bras à Marie-Aude, ils finissent leur traversée. Un petit escalier sombre se présente à eux. Ils descendent les marches de pierres taillées en colimaçon. Après un petit corridor bas, ils arrivent dans une immense cave à la haute voute romane. La pierre brute embrasse une clef de voute ornée d'un lustre gigantesque aux larmes de verres taillées. Sa lumière dore et contraste les pierres généreuses avec les grands murs drapés de haut en bas. L'étoffe noir lourde et épaisse tombe en grands plis derrière des canapés courbes et nourris de coussins. Le sol recouvert de tapis d'Orient est jonché de bougies blanches ou rouges. Tantôt hautes à la flamme longue et orange, tantôt baignée de cire coulée à la chaleur d'un blanc bleuté vacillant. Des petits cônes de cuivre ciselé laissent échappé une épaisse fumé de Myrrhe. Posés sur de petites tables de verre basses, ils surmontent un océan de coussins de toutes tailles. Enjambant des corps alanguis, Marie-Aude et Jean-Claire prennent place parmi eux. Allongés dans des nuages de broderies, la musique aérienne et lointaine finit de définir l'humeur calme et ethérique. Bruissement Frottement, Cotonneux, Rugueux, Transperçant, Cisaillement, Plaqué, Liquoreux, Reptilien, Feutré, Essentiel. Des drogues jonchent les tables éclairées par en dessous. Jean-Claire, allongé, penché sur le coté, tend le bras vers une petite pipe, la porte à sa bouche puis l'allume à la bougie. Il aspire, bloque sa respiration et tend à Marie-Aude la préparation. Elle saisit avec comme seule peur celle de l'interdit. Il n'y a donc aucune raison de ne pas accepter. Elle enrobe et aspire une fumée piquante au goût fort et concentré. Elle sent monter et circuler des ondes amusées. Son regard vacille s'absente puis rougis. Elle regarde Jean-Claire et le dévore d'une simplicité épicurienne. Sa conscience s'embrume délicatement. Certaine, en sécurité, elle goutte cette chute qui l'achemine dans de solaires épitaphes. Son cœur rutilant sourit jusqu'au centre. La chape de ses interdits n'est plus qu'une fine membrane ou se dessinent et s'animent les hordes rodant le regard sur cet équilibre léger, précaire. Hymenéenne elle se rompt sous les assauts de ce qu'elle possède maintenant, passion frénétique. Les lumières des bougies en groupe de foyers racontent leurs âtres affamés. Tout autour d'elle, se déterminent l'union fébrile en vaporeux contrastes tranchés puis délités. Les couples ou trio, autour d'eux se mélangent lentement. Entre les coussins, les volutes s'unissent en odeurs animales. Les parfums capiteux gémissent tendrement. Ils sont baignés de bouchent.
Jean-Claire et Marie-Aude se partagent les bouffées, accompagnées de thé à la menthe brulant, sucré. A chaque inspiration, ils sentent une envolée venir d'un recoin lumineux de l'arrière qui les rapprochent. Une flamboyante accoutumance disperse leurs étriquées insouciances. Adoubées en abimes de fractales, ils se délitent en délicats pétales. Ils parlent doucement. A rires étouffés, ils évoquent leurs joies passées, leur premier baisé, leurs succès et idéaux toujours consumant.
Free like a organic breathing D'un châle rampant en douce rondes, des caressent en mer d'horizon magnifient de multiplégigues assauts. C'est une marée de chair enfumée qui se dispose en chahut tantôt catatonique, puis ondulant. Parfait monopsone philanthropique, la nuit se nomme en phallique génétique. Dans sa fièvre limbique, Marie-Aude passe de voyages en voyage. Elle partage ses images dans les yeux de Jean-Claire. Ils se peignent l'un sur l'autre à même le moelle. Une étape foudroie, Sanction, flagellation, les liens poussent et virevoltent. Saisis, écartelés, remodelés, d'entre ces raisons, ils entonnent en un long et lent ajustement leurs harmoniques. Ils voient des groupes, parfois repus, après des fissions déchainées au delà qui ont tonné basse puis montante. Partout, des sourires envie en dents, plaisir en peau s'échangent et se gouttent. Central et aiguisé, le dernier fil incertain retenant se dénoue. Marie-Aude se rattrape suspendue, vacille puis au flanc du velours lâche brut ses mnésiques étaux.
Marie-Aude cède. January 26 17. SilenceJean-Claire marque un long silence puis fini son verre en grandes gorgées. L'endroit est maintenant réchauffé par la foule qui l'anime. La musique accompagne les bouches aux oreilles pour des mots légers et remplis de lutinages. Les corps de couples en nombres inconstants dansent en rondes de verres suants d'alcool et de sucre. La lumière en sombre chaleur colle les peaux au bois en teintes de candeurs. Au fond, des bras se lèvent en cœur jusqu'à choquer de lourdes pintes. Par ici, le rire haut et fin d'une jeune femme s'élève. Il éclate ostensible pour flatte l'œil humide d'un vaillant prétendant en soif d'unique conquête. Marie-Aude et Jean-Claire, en silence, regardent l'union d'une fête anarchique prendre sens comme par miracle. D'un total chaos, des origines aux improbables humeurs, la vie grouille de ces rêves de joie. Contre à contre, mélangés aux coins du bar, les silhouettes se fondent en mouvements distraits menés par une musique battante. Jean-Claire : « Quand j'ai commandé la deuxième tournée, en glissant un bon billet au serveur, j'ai pu apprendre qu'il y avait une autre salle en bas. Elle est réservée pour certains invités... On peux par exemple y fumer et y manger un peu. Et puis c'est plus chaleureux...On y va ? »
Il presse un peu Marie-Aude en se levant. Elle a encore envie de boire. Elle finit donc son verre d'un trait. Pas question d'en laisser ! Elle veux tout gouter jusqu'au bout. Après un épais rideau de velours rouge, entre des corps moites, ils passent une salle plus vaste sans meubles ou la musique explose de tout cotés. Des murs jusqu'au centre, la foule grouille. Les lumières tournent et dessinent les rythmes des pas. Les mélanges sonores carambolent et emportent les bras. Les épaules se frottent pendant que les hanches s'entrechoquent légèrement. Par ci par là, quelques sautillements se laissent emportés, tête en arrière et lèvre pincée d'un sourire oublié. C'est une liesse en pleine emphase qu'ils traversent en se laissant de temps à autre à esquisser un pas en rythme.
Pris au milieu de tous, ils ne sont plus personne. L'existence à l'autre ne passe plus que par la vivacité de l'échange. Marie-Aude et Jean-Claire se regardent, surpris de ce moment au milieu de ce cyclone qui les ballottent et les rapprochent. Ils se mettent à danser. La traversée attendra sa fin au prix d'une envolée. Les basses lourdes fond vibrer leurs vêtements et entrent dans leur peau. De tout autour d'eux, l'abandon généreux les emmène dans une folle chaleur. Leurs jambes frétillent encore d'alcool et n'innocente et naïve envie. Comme depuis leur premier bonjour, ils ne se jugent pas et s'abandonnent à cette communion impromptue. Tout cela parait si normal à Marie-Aude. C'est dans l'ordre des choses. Elle ce met à éclater de rire en regardant Jean-Claire. Elle repense à son appartement, il est certain que les murs rejoignent le plafond … mais cela ne l'intéresse plus du tout. Au fil des battements hypnotiques, la masse humaine entière chavire dans un unique déchainement. Tous les muscles luisants se confondent en de nouvelles anatomies foisonnantes de plaisir. Jean-Claire tends les bras et caresse l'espace autour d'elle. Ils sont une partie de se tout qui glisse vers une quintessence du tantrisme, ils creusent de corps en proche leurs négatifs chiraux dans les reflets des lumières galopantes. Révélateur de la perspective ultime, ce partage résume puis vaporise dans l'air chaud et humide une vraie profondeur sans recoin. Dans la transsubstantiation des harmoniques leur intime carcan social fornique avec le marketing viral qui sourit, s'onanise puis disparaît... insignifiant. Écorchée vive dans l'ultra présent, Marie-Aude bouillonne à perdre haleines. Ces anciennes craintes se nourrissent aux hosties de la fange qui prend un arome qu'elle redoutait de savoir aimer. Et comme un tridentin aux bases apocalyptiques, elle célèbre une éclosion de désir. Elle laisse crier et vivre de nouvelles questions, de nouveaux plaisirs à venir. De cette messe en chair dévoilée, négation et absence des mots, ne serait il pas agréable ? Si l’on si penche pourrait t elle être délicieusement palpable ? Et Jean-Claire, en face d'elle, si rayonnant de ses mouvements amusés, ne coure t il pas se cacher vers nul part aux instants les plus surprenant de cette journée ? Mais n’y a-t-il pas en lui un inappréhendable mais précieux enivrement ? Le son l'emporte encore, charge et pénètre en nourrisseur. Son corps s'arque puis se cambre et se tord en souple instrument.
Jean-Claire hurle vers elle : "Joyeux anniversaire !! "
C'est dans cet air qu'ils s'oublient : lunaires. 16. Cénobite Vs OedipeLes voila face à face enfoncés dans ces grands fauteuils, contenus. Jean-Claire est alors enveloppé dans le parfum de Marie-Aude. Comme une salvatrice étreinte, il rôde, sécréteur de cœur, entremetteur hormonal. C'est, pour Jean-Claire, une nappe silencieuse qui hurle son nom aux étoiles, une entêtante ode, qui pose son empreinte sur ce moment en germe guttural. Cette odeur tout autour d'elle est la salutaire ennemie du comptoir noircie de sueur et de bière. Elle a transformé les lieux. Jean-Claire ne se sent pas être dans un simple bar irlandais à moitié vide, au début d'une simple nuit. Jean-claire est d'abord de tous ses sens saturé. Il tente de traiter toutes ses informations en temps réel. Mais les algorythmes ont vacillé sous l'exponentiel de l'émotionnel. Il se sent au bord d'un précipices écrivassés en de distorsions boiteuses follement cadencées. L’ambre de la peau de Marie-Aude dans la lumière légèrement enfumée gobe les restes du fond de sa raison. De ce sanitaire relief de cambrure dorsal doux et brunie, il sent une incendiaire marée qui, à la lune venant, forcit. Les yeux de Jean-Claire, entier, mangent et ravagent les lueurs cuisantes du regard de Marie-Aude qui semble à ce moment n'avoir en rien ni jamais connue pénitence. Il est pétrifié devant les courbes callipyges de ce tableau si parfaitement composé. Il se sent défier avec les défenses d'un cénobite qu'il est alors. « Se moment enrobent l’ambivalence, saccage le vite ! » se commande Jean-Claire dans cette urgence de réagir, rompre le silence. Devant eux, il brandissent deux grand vers sombres. Ce regardent, sourient et portent ensemble la lourde crème beige clair, fraiche et amer à leurs lèvres. La moelleuse tiédeur de l'alcool à l’œil céleste clos, rampe à tâtons, sirupeuse, en fond de peau. Ils laissent monter une douce chaleur. Comme une onde vibratoire qui vient engourdir des jambes aux yeux. Leurs langues deviennent légèrement paresseuses et vagabondes. De quelques mots simples, ils se racontent. Ces quelques brindilles, au fil des phrases, deviennent racines. Leurs idées circulent et se partages et nait alors un chant qui s’harmonise en hymne doux.
Ils s'écoutent et s'explorent , ils se sentent partagé complètement. A dos de destrier ils seraient deux à battre du sabot le sous sol ombrageux de leurs vies malmenée. Ils bousculent les intimes rêves de chacun.
Les feux du jour s’épuisent et les ombres de la nuit, au creux de des murs de pierres devisent autour d'eux. Gorgées après gorgées, les traces en anneaux blancs sur leurs verres rythme l'entrée de petits groupes de plus en plus joyeux et nombreux. Un éclair de regard s’élève de temps à autre. Ils ne sont pas d'accord sur tout. Et quand le ton prend quelques étincelles, les caressantes entailles des interstices de leur conversation égrènent de naturels courants complices. Leurs verres se vident puis se remplissent. Les bras trinquent et mélangent. C'est une belle soirée déshabillée où les sens affutés sont mis en mots par des images peintes aux couleurs de leurs flots hormonaux.
Jean-Claire écoute Marie-Aude lui parler de l'incroyable journée qu'elle vient de vivre : Le renoncement à son métier, le passage chez Eric. Les réflexions et les états qui l'animent. De ces lettres tellement belles, les émotions naissent gorgées de la déraison de ce duel interdis en moralité.
« C'est curieux, en parlant avec toi... » lui fait remarquer Marie-Aude, « l'intérieur se simplifie, ou plutôt, s'éclaire … mais c'est douloureux. » D'un ton qui se serre un peut en gorge, elle évoque encore le souvenir de la mort de son père. Cette fausse platitude épisiotomisée par le souvenir amené par Jean-Claire. Il aura fallu un simple pouce tendu pour redessiner les précises coupes sanctifiées dans son émoi. Elle se sent alors vivement drainée par des sucions sonores et fouillées de ses angoisses depuis si longtemps fossilisés. Aspirés en lents oxymorons, ses souvenirs laissés en friche, sans raison ni réponses, incarnent une vacuité qui révèle la pression des idéales représentations agrégées en buché du pardon. Elle s'emporte : « La pression sociale, la reconnaissance du père ! Tout cela se mélange pour nous construire des envies si maigres et malades. Aujourd'hui, cela change finalement si facilement. » Ces modèles, amorphisé puis dissout dans l'abscons, Marie-Aude les brandit alors en fiers harpons. En les malmenant à bras le corps, ses mots fonds giclées d’incestueuses nidations au fond elle. Elle saisit comme tout est compréhensible et qu'elle a toutes les clefs pour abattre les oracle de ses désespérantes stériles menstruations.
« Oui comprendre fait souffrir je pense » Répond Jean-Claire.
Marie-Aude : « Ma mère en est morte quelques mois après »
January 24 15. ViagerLe couple a poussé la porte et pénétré dans une ambiance semi obscure aux couleurs chaudes. Ce vieux pub encore vide laisse le choix de l'endroit. Les murs sombres accueil un jeu de fléchette et, entre trèfles et tricèles, quelques photos de falaises irlandaises. Une lointaine odeur de tabac froid et de houblon c'est installée depuis toujours. Dans un coin, deux gros fauteuil de cuir brun profond se font faces, une petite table rondes en bois usé les sépare. Une lumière tiède les baigne. « Installons nous là bas » dit Jean-claire les désignant. « Je te rejoints, j'ai soif, je vais commander deux guiness » poursuit il en laissant Marie-Aude et en se dirigeant vers le comptoir. Il pose un coude sur le zinc noirci, se retourne. Il regarde Marie-Aude s'éloigner vers les deux sièges. Il accroche son regard au détour des vagues de sa robe. Il dévisage cette danse, mouvements de hanches jouant avec l'étoffe de sa robe. Pleines de flammes de lin, il fixe cette parure de reins s'animer. Jean-Claire n'est pas vraiment surpris d'aimer et de prendre le temps de regarder jusqu'au bout Marie-Aude s'installer. Il ne craint pas de croiser son regard qui aurait compris. Il n'y a pas de parjure, Jean-Claire est cristallin. Il passe une main sur son visage, frotte ses yeux qui glissent et c'est de nouveau une belle possession qui revient dans ses yeux : La cheville de Marie-Aude. Il est surpris par leur finesse et la délicatesses de son pas. Elle porte bien de fin et hauts talons rouges. Elle marque le sol de bois noirci d'un léger fluté poussant les tympans qui pétillent. Il regarde chalouper le vent de son sillage où court un orage salé, chargé des ampleurs ses rudes ardeurs. Elle s' arrête et fais glisser sa veste le long des ses épaules. Réelle et simple toge qui chute et annonce une floraison pectorale soutenue d'une mince chaine en or ornée de quelques pierres. Marie-Aude se penche pour s'assoir et dévoile une fugace fulgurance charnelle endiamantée aux lignes idéales fantasmées. Jean-Claire saisi des yeux ces Glandes offertes, multicéphales. Elles érigent en lui la vigueur de tantale. Cette séduction absolue qui aime à caresser ses pensées jusqu'au fond de leurs limbes. Poussé sur de vaillantes envolées, sans osciller, il les épouse de son regard sans pudeur. Il laisse germer, sans camoufler, une envie jusqu'à des ascensions platine. Il veux gouter le verbe de cette femme et voir comme il reflète et magnifie cette lande mutine. Unique et ostensible, une super vision qui marque Jean-Claire. Ces rentes se transforment alors en viager. Marie-Aude s'assoie, croise les jambes et découvre son genou gauche. Enfoncée dans le profond fauteuil de cuir, elle pose ses bras nus sur les hauts et épais accoudoirs craquelés. Elle tourne lentement la tête vers Jean-Claire, fais un signe de la main et sourit. Leurs verres posés sur le bar sont déjà prêt depuis quelques minutes. « Aller viens ! Moi aussi j'ai soif » dit elle d'une voix un peut forte et impatiente. Marie-Aude est à cet instant et à jamais l'épectase idéale. January 23 14. EnseigneLe soleil avance et les ombres s'étirent le long de leur chemin. Marie-Aude est très déstabilisée par la singulière présentation de ce « personnage ». Marie-Aude : « Je dois absolument savoir … Tu est dangereux ? » demande t elle gênée et inquiète en gardant les yeux sur la route. Jean-Claire la regarde un temps en prenant sa question très au sérieux. Jean-claire : « Je suis convaincu que tu l'es bien plus que moi et cela me convient... Allons au « Catamaran », il parait qu'ils font les meilleurs moritos de la région... Et puis … Il y a de belles femmes. C'est parfait pour commencer la soirée !» Marie-Aude ne peux s'empêcher d'être convaincue de la bienveillance de son invité. Elle surprend un vague début irrationnel de jalousie en train de germer. Pourquoi Jean-Claire est il si fertilisant ? Comme s'il avait perçu ce petit ébrêchement dans leur intimité, il complète : « … Et de beaux hommes aussi bien sur! ». Il marque de nouveau un silence puis reprend : « Je comprends ta question. Nous évoluons dans un système où nous sommes anonymisés et digéré par sa voracité, et cela bien avant d'avoir la moindre envie de nous réaliser. Une vie de ruche affairée. Au milieu de cette mécanique organique la vérole infâme de la possession, d’une danse macabre, nous ligote et nous embaume dans notre séculaire plaisir normalisé. Elle saisi et gifle les petits moi que nous sommes, souffreteux déjà piétinés avant d'avoir pu respirer.
Le danger ne vient pas de moi mais de cet attentisme carnassier. Il nous a été injecté et aime déguster de proche en proche dans nos tête ses germinations viciées. Perversions, crimes, folies, cupidité. Danger, il n’y a pas de premier ni de dernier, il n’y a que des ordres au chaos de son appétit crêpé. ... Mais ne sommes nous pas tous incarnés ? ». Marie-Aude tourne la tête, fixe pour la deuxième fois Jean-Claire. Elle le reconnaît de nouveau. Les idées qu'il nomme si brutalement avec une distance si juste son un calque révélateur. Une feuille semi opaque entre deux jours. Elle se courbe sous les traits appuyés des mots aiguisés. Puis, par un flottement de détours elle s'écrit et se tourne au suspend d'un rappel du début qui reprend. Une foi entière vient réchauffer Marie Aude. Juteuse, fraiche et bouillonnante, elle commence sa danse. Elle sent l'impatience de ses sens monter comme un délicieux picotement qui s’élance. En confiance, elle ne perçoit pas une autre présence mais un prolongement. Jean-Claire est à ce moment une émulsion d’oxygène enivrée d'une rosée sucrée. Nue, elle taquine à même le corps les sourires entrebâillés. Ils arrivent dans une petite rue étroite et pavée. Les immeubles de vielles pierres s'empilent en serpents de dominos. Une enseigne Irlandaise les appelle vers deux grandes pintes de guiness.
Ça va être le moment de plonger. January 20 13. VoilaJean-Claire : « Tu sais, je ne suis pas drôle. J'aime rire mais il n' y a plus grand chose qui me fait sourire. J'ai 19 ans et je croule déjà sous le poids des siècles. J'ai envie de parler avec toi d'abord et puis nous irons ensuite prendre un verre dans un endroit où les foules de mêlent. Après … Nous verrons bien. » Un simple profond bonheur en cet instant précis, Sans rien dire, elle redémarre, allume la musique et Erik Satie reprend juste doucement. Jean-Claire : « Tu viens de me confier une si précieuse dysharmonie majeure que je peux bien te dire qui je suis. » Il augmente un peut le volume de la musique. « J'aime bien les travaux de Satie, cela ne m'empêche pas d'écouter Pink floyd. Mais attention uniquement leur première période avec syd Barrett. J'aime bien Bach aussi … Il m'a été souligné à plusieurs reprises que je n'avais pas les « gouts »de mon age, ni la culture de mon age, ni le mots de mon age … En fait si je comprends, je n'ai pas l'age de mon age. Il sourit. J'ai été « diagnostiqué » un enfant précoce … mais en beaucoup plus précoce que tous les précoces. Cela m'a valu des études brillantes d'un ennuie inénarrable. Maintenant, je me balade. Je regarde et parfois je pleure de rage devant notre humanité. Je pense à nous à chaque seconde. C'est une obsession qui me guide. Marie-Aude écoute cette histoire se mêlant au piano, une source nait et coule doucement. Il y a comme une symétrie parfaite entre les deux personnages Satie et Jean-Claire. Satie homme drôle et impertinent qui compose de délicieuses nostalgie mélancoliques. Jean-Claire, au verbe encore léger et ironique qui incarne malgré cela une étrange tristesse mélangé à une douleur presque contagieuse. Jean-Claire continue d'une voix douce mais décidée : « Et non seulement je suis une bibliothèque en traitement d'informations continue, mais en plus je suis beau ! C'est une vrai catastrophe. Pour ceux qui le sont, ou qui le devienne, et qui veulent s'en servir, pourquoi pas, mais moi, je ne veux pas m'en servir. Alors, imagines, c'est comme si, au lieu d'être dans cette petite voiture toute pourr … enfin ta voiture, tu devais rouler en Ferrari toute ta vie ! Te rends tu compte ! A la campagne, tu aurais l'air malin sur les chemins du village pour aller chercher tes croissants le matin. Et si tu étais au chaumage, pour aller pointer … » Il sourit encore puis ...s'assombrit en même temps que le ton du piano qui baigne ce récital.
Jean-Claire : « Je suis triste de voir ce que nous construisons pour demain. Étrangement, je me sens responsable de nous et de tout autour. Ma rage soudaine et temporaire m'emporte quand je me laisse à penser en contemplant autour de moi. Tiens regardes par exemple, sur les toits de ces immondes immeubles carnassiers, vois tu ? Il coexiste de folles latences fébriles d'ondes toxiques. Ces Pics métalliques où l'inattendu gonfle et fibrille jusqu'à vomir dans chaque foyer, à chaque coin de rue, dans les cafés, tout est contaminé sans prévenir. Ils appellent ça des « antennes ». Allongé dans le canapé, l'homme a rendez vous avec ses séances régulières d'hygiène cérébrale sous anesthésie contrôlée. Des générations rassemblées caracolent d'horizontalité pour recevoir à l'acmé de leur sédentarité la charge bondissante vers son autolétalité... Tu vois, ce n'est pas simple, je suis donc touché par ton histoire. Cela me fait ressentir des mouvements lents et amples en toi. » Aude et troublée, elle écoute. Jean-Claire infatigable reprends son souffle puis continue : « Comme une harmonique très basse. Je pense que tu as du rester si longtemps prisonnière de « l'intégrité ». Je trouve cette invention redoutable, c'est une composante essentielle de l'opium du peuple moderne. Un Opium gonflé d'endorphine, surstimulé, anabolisé jusqu'à explosion et eviscération complète jusqu'à la dernière goutte. Je hais la notion d'intégrité, elle est procrastinée sur les murs publics surpeints d’insanité. Tous les modèles populaires courent après en criant qu'il le seront encore plus demain. Ils affichent cette avidité vampirique qui leur fait promettre les plus affreux mensonges. Elle amaigrît les silhouettes de notre aboulique volonté. Elle trône, Totipotente ! Elle engraisse au sein nos représentations furonculées de ses icônes dégénérées qui profanent nos attritions fatigués. Elle veille, Omniprésente Avec l'énergie vorace, elle aiguise sa gueule exognathe sans frémir, appliquée, elle se frotte et immisce ses collantes sécrétions contaminées d'idéaux falsifiés. Très peux y échappe"... il s'arrette, la regarde Jean-Claire : « Voila » Marie-Aude, sourit et pense : 40 ans, c'est le bonne age pour vomir. January 17 12. Rendez vousMarie-Aude est saisie par cette annonce. Son trouble s'emphase d'un degré, ses pensées se complexifient pour fusionner dans un magma solaire. Incoerciblement, c'est sa langue qui veux se déliée, Aude va céder.
Marie-Aude : « En fait, c'est ridicule, surement... Mais vous me ramenez un souvenir douloureux. La mémoire d'une ancre que, je pensais depuis toujours, lancée et fondue dans l'écorce du temps... » Jean-Claire : « Nous avons un peut de temps jusqu'à l'hôpital. J'ai envie de savoir, s'il vous plait racontez moi. » Une brume claire traverse et voile pour enfin se crever en une ouverture où s'engouffre l'envie de Marie-Aude. Elle ne fait naturellement plus la distinction entre son envie et son besoin. Elle démarre la voiture et commence à rouler vers ce lieu qu'elle connait tant et trop. Elle n' a plus aucun repère, suspendue en mouvement. Marie-Aude : « Un soir, mes parents et moi, je suis fille unique, pour les vacances, nous arrivions à notre chalet en montagne après 8 heures de route. » Sa voix tremble, Jean-Claire le perçoit dans une émotion partagée. Marie-Aude poursuit décidée : « Exceptionnellement, nous avons pris un jeune homme du village en stop. J'ai commis une faute, mon père avait surement compris de quoi il s'agissait. Le jour tombant, nous nous sommes installés, comme chaque années dans cette glaciale et humide cabane en pin. Lorsque la cheminée eu finie de crépiter, je me suis assoupie sur la banquette du salon. Saoulée par le trajet, fiévreuse, mes rêves durent disparaître dans la violence d'un matin blafard. Je me souviens des gyrophares de l'ambulance, la police, les badauds et mon Père. Mort sans explication dans la nuit. Ma mère fut réveillée par des derniers tressautements vitaux transmis par ce sale matelas que j'ai brulé depuis. Je me souviens sur le brancard... son visage, horizontal en profil blafard sur fond de neige. Une atroce harmonie de ton sans contraste. C'est idiot, je ne sais pas pourquoi je vous parle de cela. C'est un sujet dont je n'ai jamais parlé depuis vingt ans...
Bonjour ! Je ne sais plus si je vous l'ai souhaité ! Excusez moi, je me sens si ridicule … Égoïste ! ».
Ça bouge un petit peu, les logiques glissent. Elle s'arrête sur le bas coté et coupe le moteur. Les points recourbent les exclamations dociles et les questions reviennent violemment en douloureux solde. C'est la première fois qu'elle raconte ce qu'elle ressentit à la mort soudaine de son père. C'est comme si elle passait sa main sur une vitre embuée depuis toujours. Un déflouté de l'autre passé recousu de points barbares et mal assurés de cette blessure.
Âpres un long silence immobile, Marie-Aude reprends : « Je me souvient de son regard, le même que j'avais connu quand je m'était cassé la jambe. Ça c'est à cause des habitudes … Jean-Claire : « C'est dangereux vous savez les habitudes. » Marie-Aude : « Oui je sais » Elle pleure un peut et sourit en silence. Marie-Aude : « Mais vous savez, je n'ai jamais réussi à être digne de son amour. Je pouvais le lire d'en ses yeux. Et ce moment dans la voiture, s'il a vu, si mon pére avait pu comprendre ce qu'il c'était passé … J'ai du lui faire si mal avec cet émoi pour un autre, juste à coté de lui en plus. Ça la tué de chagrin, je l'ai tué, je me sens si coupable. Jean-Claire : «Vous n'avez pas à vous sentir coupable, écoutez... si vraime// Elle le coupe, le regarde et parle plus fort : Marie-Aude : «Mais je sais que je peux tuer, cela me fait peur, c'est peut être pour cela que j'étais infirmière. Combattre le mal par le mal ! Je suis convaincu d' être capable de donner la mort !!! » Jean-Claire marque étrangement cette conviction, il est lui aussi bouleversé par leur moment, interloqué, il semble si touché par la conviction d'Aude. Il là coupe : « Je vous laisse vous reprendre, je ne suis pas pressé. La journée semble avoir été longue pour vous... »
Marie-Aude se reprends, tourne la clef de contacte et roule pour atteindre le dernier carrefour de verdure avant l'hôpital. « Voilà, c'est à 120 mètres sur votre gauche. Merci ... » Jean-Claire, sans un mot, sort de la petite voiture, plonge une dernière foi ses yeux dans l'océan de faim de vivre de Marie-aude. Jean-Claire : « Merci à vous ». Elle le regarde partir en belles lignes chaloupantes. Leur fuite allonge la perspective qui se déplisse. Elle envisage un avenir. Ça tourne, les paradigmes se mélangent puis filent. Les conjugaisons glissent et mélangent leurs temps. Marie-Aude allume la radio, ferme les yeux, écoute, attends...
Contre le carreau : Toc Toc Toc !
Jean-Claire souriant, angélique, un peut gêné : « Hé !! En fait..., ce n'est pas si important ce rendez vous … Pas utile... Ce serait bien … si on allait voir le monde ...? »
Marie-Aude : « Oui, j'ai envie ! »
Elle sourit, il remonte dans la voiture. 11. ConfluenceTout ce qui recompose son réel intérieur est si éloigné de ses combats anciens menés. A cet instant, la lutte si juste pour toutes ses valeurs nobles d'hier lui semble si dérisoire et lointaine. Ces fondations s'extirpent de ce magma et cherchent le ciel, une nouvelle reconnaissance. Une matinée, un déjeuné, un après midi, une rencontre à quatre yeux, tout a soufflé sans bestialité son fragile carcan d'illusions imposées.
Décision, action, intervention, prendre la parole, entrer dans l'action de l'envie d'exister dans et par le présent soudain si bavard. Marie-Aude est actrice. Le lien est installé avec Jean-Claire sans avoir pu le dessiner et le voir s'animer. C'est à un autre moment enfin passé que Aude réfléchissait et se diminuait. Là, c'est la communication entière qui l'immerge dans la promiscuité de sa voiture. Un lâché prise sans effort laisse un glissement dénouer ses derniers amarres. Le silence imparfait de son essence viciée lui semble si loin et dérisoire. Aude : « J'ai quarante ans aujourd'hui... »
Le mélange encore grumelé de cet antécycle et de ce jour chevauche et confond les trois temps de son espace. A l'exacte confluence de cette rencontre, le souvenir a ramené, au détour de son haut mausolée sa muse sursexuée tant désirée. Marie-Aude sent se réduire les distances et fractures de tout ce qui a pu la construire. Coïncidence, à ce moment conjuré, fugace et murmuré, ce sont toutes ses carences qui viennent combler l’absence dense et camouflée. Fœtal et douloureusement ligoté, elle gardait son entier étouffé dans un coin sombre. Un moi anorexique sous perfusion de superstition lancinante se lève enfin. Marie-Aude, purifiée de ces mirages éduqués est maintenant affamée. C'est l'urgence de ces vacuités révélées qui enflamme sa complète beauté. Marie -Aude sourit, elle a faim. Elle poursuit : « J'ai le temps, où voulez vous je que je vous conduise ? » Jean-Claire : « J'ai un rendez vous, pas très loin … Ce serait parfait si vous me déposiez à l'hôpital » January 15 10. unitéIl ouvre une porte arrière, jette son sac puis s'engouffre à coté de Aude. Il sourit, lui tend la main : Jean-Claire : « C'est une belle journée, j'adore les jours comme cela, c'est gentil de vous être arrêtée. Et vous ? Comment vous appelez vous ? » Lui demande t il en regardant vers Aude. Leurs yeux se croisent alors pour la première foi, puis se fixent en un claquement d'absolu. C'est alors qu'une persistance assoiffée se fige, transpercée par une claire foudre. Ils sont directement accrochés par ce regard unifié, posé, il reste, appuyé et si complètement doux qu'il s'allonge sur le moment jusqu'à s'assoupir. Ils se sont installés dans un silence né pour prédire tant de choses par l'unique évidence de leurs rétines. L'espace se modifie autour d'eux et les courbes chahutent pour ne laisser que leurs visages en sclérale reflets dans l'autre. C'est une immersion dans un océan de liberté toujours redoutée. Il a toujours été beaucoup plus facile pour Aude de l'imaginer possible voir de temps en temps désirée. Mais à cet instant, ce mélange de souvenirs qui resurgissent, de présent au zénith de sa déconstruction et cette liberté à portée de main... Tout devient possible et c'est le plus grand vertige de toute sa vie que Aude survole de son aile. Elle est tissée de fibres résonnantes à l'écho de ses pupilles vacantes. Leurs yeux sont suturés en berges jointes scellant un pacte tacite sans s'encombrer de vaines feintes. Avec la foisonnante candeur de l'inattendu, ils se noient dans les nuances de couleurs iridiennes. Tout passe alors en accord mutuel sans un mot. La cime de la raison est dépassée, le phare des blessures anciennes est oublié. Leur temps devient coulissant sous l'ivresse de l'abime du moment.
Ils contemplent leurs beauté reconnue, irréelle dans le tableau de sable rétinien étendu, magiquement résiliant aux vagues d'airain, à portée. Soutenu d'un bord de nuque marqué, s'élance la ligne marginale et asymptotique jusqu'au parfait regard nacré, planté. C'est avec l'énergie dynamique de cette vague que Aude ce détache d'une brusque éjection. Cette impulsion ne pouvais être que unique, une première et dernière reprise de contrôle. Miraculeusement, elle a été efficace, Aude tourne la tête droit devant, le mais sur le volant, penchée le nez sur le pare brise. Elle de met à fixer la route immobile comme si elle allait peut être se mettre à danser. Ou bien, cet intérêt subit et simulé cherchait à vérifier qu'il n'y ai pas un troupeau de dinosaures qui, par hasard, pourrait surgir. C'est traitre les animaux comme cela, il faut être vigilant. Bon, Aude vérifie si les nuages sont bien à leur place, le soleil fonctionne bien, pas de signe de faiblesse il est réglé à la bonne température... Jean-Claire toussote discrètement pour rappeler timidement sa présence. Aude sursaute : « Bonjour ... excusez moi … Je m'appelle Aude. » Quelque chose c'est ouvert en elle, une envie de dire les choses vraiment, complètement. C'est à cette croisée qu'elle est dévorée par le besoin d'être entière à travers l'autre. Aude : « Aude … enfin mon prénom complet c'est Marie-Aude... Mon père était le seul à m'appeler comme cela. Et puis avec le temps … Tout le monde à fini par m'appeler comme cela. Marie-Aude ça fait un peut vieux … Remarquez, c'est drôle, c'est mon anniversaire aujourd'hui. J'avais la moitié la première foi qu'un auto stoppeur était monté à coté de moi. Aude rougit ... Je préférais Aude seule, tout court, juste la moitié. » January 12 9. Auto stopParce qu'il n'y a pas d'autre endroit logique, sa voiture se retourne vers la ville qui se dessine au bout de cette petite route bordée de champs. Sur la droite apparaît une silhouette à coté du fossé de terre. Cet image incertaine ce précise, c'est un homme. L'avancée de la voiture révèle un age très jeune, des vêtements très actuels, une chevelure noir épaisse. A ce moment, deux geste surgissent : Son visage s'illumine d'un sourire innocent et son bras gauche se lève, le pouce en haut. C'est un auto stoppeur. Aude doit prendre une décision, vite. Elle ralentie, le dépasse … Ce décider … ça va être trop loin. Non, ce n'est pas trop tard. Elle freine. Elle regarde dans son rétroviseur l'homme d'allure sportive ramasser un sac de randonnée et courir vers elle.
Un souvenir surgit alors l'absorbant tous sens en entier mobilisés. C'était à l'age de 20 ans. Aude était une jeune femme très sage qui portait encore les gilets tricotés par sa mère. Elle les trouvait très beau. Ses lectures romantiques classiques avaient développés jusqu'à la monstruosité sa croyance dans le prince charmant. Les garçons qu'elle était amenée à rencontrer brièvement à l'école d'infirmière étaient bien sur aux antipodes... A son grand désespoir. Ce jour là, son père conduisait, sa mère à sa droite le soutenait. C'était toujours un long périple les départs en vacances au ski. Il y avait tout un cérémonial qui rendait un peut magique ces huit heures de voiture seule à l'arrière. C'était un voyage infini, laborieux mais c'était aussi le moment ou elle pouvait voir ses parents ensembles aussi longtemps. Cette fois là, ce souvenir là avait bouleversé l'ordre des choses. Dans la route de montage, quelques kilomètres avant d'arriver à la station, un auto stoppeur … Pareil, il c'était assis à coté d'elle. Il portait un bleu de travail qui laissait imaginer un corps ferme. Ce jeune homme un peut frustre est le fils d'un éleveur de chèvre du village. Il racontait, après de chauds remerciements, que sa famille était des montagnes depuis cinq générations. Mais Aude n'écoutait pas vraiment, elle avait été envahie par un odeur très forte, piquante et tiède. Il était évident qu'il avait travaillé avec enthousiasme sur un chantier toute la journée et certainement depuis très tôt le matin. C'est la seule possibilité que Aude avait envisagée pour expliquer la violence des effluves que ce corps lui offrait. Il ne la regardait pas et était soucieux, appliqué, à entretenir la conversation avec ses parents. Une impression étrange envahie, Aude. Un désir intense et soudain se mit à monter si vite qu'elle en fut complètement saisie. Elle l'imagina alors une pioche à la main, torse nu à flanc de montagne, C'est la structure des roches qui forgeait le manœuvre en chacun de ses muscles. Il offrait son ardeur et sa souplesse en maitre noble et vaillant dans chacun des ses assauts. Courbé sur sa table d'œuvre , cet apprenti sculpte la roche des ses yeux accordés aux clef pures et chaudes qu'il mets dans tous ce qu'il fait. Elle le voyait tantôt genou nu à terre, quelques fois concédant un abandon bancal du sillon encore à tracer. Tantôt torse offert, une charnelle carcasse parfumée en brumes d'encens capiteux et tannés.Aude emportée tente de se contenir devant cet imprevisible et gênante image surgit de cette présence. Jambes serrées et croisées, elle appuie ses mains jointes contre son ventre en une supination soutenue d'une absolue volonté de s'abandonner. Il était présent entier et elle n'existait plus. Aude était immergés dans ce doux sein de l'asynchrone réalité. Elle regardait cette tendre nuque nue courbée vers l'avant de la voiture. Le rein creusée et l'œil enflammé trahissaient cette fluence saline qui envolait ses chaleures écumantes folles. Ce trouble subit et complet redressait son regard sans doute. Personne ne faisait attention à elle, heureusement car elle ne pourrait pas soutenir le moindre regard. Le sien criait si fort le bouillonnement insolent. Elle se sentait en danger. Ses pensées crevaient la voute de son désir par des joutes de langue contenues et plissées en congestions palatine pour ce camoufler. Mais les candeurs dansait mutines incontrôlables. Elle sentie sur elle cette humide impertinence qui chevauchait les rares résistances en vague ébauche. Les lèvres pincées, le regard voilé baissé, Aude, vaincue, laissa une lumineuse facétie animale et parfumée la secouée.
Son père déposa l'inconnu qu'elle ne revit pas. Aude est tirée de son souvenir par une frappement timide au carreau de sa voiture. Une voix jeune et heureuse précède dans l'impatience un visage : « Bonjour, je m' appelle Jean-Claire ! » |
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