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August 17 (.) Fleur fatale / VerhaerenLe carré devient cube, se déliant, S'envolent les sphères de son volume Que les couleurs aveugles parfument. August 06 24. AcatalepsieMarie-Aude sentit alors la rage latente se reconstruire et, sans le vouloir, ses poings se referment, ongles en paumes. Il y a du temps, de l'espace et du silence entre eux. Elle regarde Jean-Claire et se met à crier doucement au début et à taper contre la poitrine de Jean-Claire. Lentement, en crescendo, elle exhorte : « Pourquoi es tu parti ? » Ses coups se font plus lourds et profonds, de gorgées doubles suintantes elle crie : « Tu n'as pas à partir comme ça !» Jean-Claire s'ouvre et accueille cette colère enracinée depuis longtemps. Marie-Aude : « Je ne savais pas si tu reviendrais ! » Elle frappe, lâche sa voix le long des bords prognathes et la laisse envelopper de ses éclats tout l'espace : « Je ne suis pas encore prête ! ». Sa rage coule au delà des barrages longtemps fiers et triomphant maintenant incontinents et dérisoires : « Pas encore ! Pas maintenant ! ». De gencives en muqueuses, dans une danse de langue trop étreinte, s'enlace spumeuse toute la colère germée du semi de son passé. De cette sourde fièvre lactescente, ses hurlements recouvrent les cris. Les coups pleuvent et résonnent sur le torse de Jean-Claire. Marie-Aude, de carmin et d'écume transmutée : « Pas prête ! C'est trop tôt ! ». L'entière émotion trouble sa voix d'une dysphonie haletante qui cherche un chemin et qui ne trouve que celui vers l'ivresse de l'anoxie gazeuse au lointain. Marie-Aude : « Trop tôt tu entends !? ». Le souffle lui manque, elle ne sait pas pourquoi mais à ce moment, elle peut déposer l'énorme charge et se libérer. L'imperiosité vibre et s'ouvre sur les gouttières de ses sens qui déborde de la saison des ciels pourpres denses. Ce trop plein émotionnel voile ses yeux d'une couleur profonde et lisse. Ses jambes tremblent et manquent de céder sous ce poids hémétisant. L'air rare alourdie sa langue tricuspidée devenue Maitresse convolutée du clavage enfin planté. Elle adoube l'ultime clé de voute de son temple aux tours inachevées qui s'élancent loin des yeux, entre cœur et moelle, dans le silence de la suffocation. Maintenant, Marie-Aude est pale. Son peignoir c'est ouvert sur l'impudique asexué de la disgrâce du vacillement. Elle n'est pas le gardien de l'impénitence des vivants disparus. Quatre temps décennaires et c'est une fin de course à jambes entamées rouges et chairs dont la foulée a lève des spores englués dans une terre moirée. Par son ventre pousse et germe la résilience. Longue du temps, elle dessine sa dolence. Chaque sens de Marie-Aude trépigne et bourdonne. Encore quelques pas...Ne pas céder ni tomber. Asthmatiforme, ce n'est plus qu'un murmure larmé qui bave en fin de souffle court : « C'était … C'est ... » Laissant tomber la robe à terre, Jean-Claire saisit au vol calmement les fins poignets de Marie-Aude à ce moment prêts à se rendre : « Je sais, excuses moi, cela n'arrivera plus... ». Face à face amécanique appliqué et huilé de la digestion de lointaines tensions de fossiles d’allure qui pas à pas chauffent puis bruleront, ils le savent. Ils sont dans une trans-fertilisation oxysmique parfaite qui embouche d'un baiser d'inexorables déchirures. Un nouveau silence, les regards essoufflés, sans réfléchir, ils joignent leurs bras à leurs poitrines et, de dos en paumes, ils se serrent l'un à l'autre. C'est une improbable mais inexorable étreinte qui tisse l’aveugle chair en de lents et mesurés sacrifices bipolaires. Leurs sens transigent et animent la fragile violence qui s’élance et inspire la flamme vive d'un chronique déclin. Marie-Aude a été, est et sera Reptilienne et essentielle, Reine mère et sentinelle. Elle ouvre ses tendres ailes là où IL se mêle et se déchaînera !
De leurs chairs, ils ne se quitterons bientôt plus.
August 01 23.RefletsAutour de Marie-Aude, le bain est calme. L'eau immobile pèse un peu partout et dissout sa perception de ou commence son intérieur et ou fini l'extérieur. Tête en arrière, elle glisse sa nuque le long de l'émail blanc jusqu'au dessous du respirable. A ce moment précis le silence l'enveloppe en un Maillot amniotique parfait. Une douce chaleur filtre de pore en eau. Cheveux en arrière, elle remonte sa tête et sa lente respiration, dans le silence, laisse flotter sa poitrine entre mousse et lumière. A la fois, centrée dans le vide de ses pensées vers le noyau de ce qu'elle est , mais aussi diluée dans une unité qui embrasse bien au delà. Elle est connectée. Marie-Aude est en prise avec le vivant dans son entier. Cette vague d'émotion brute qui la submerge dépasse ce qu'elle avait pu envisager. Elle comprend cette unité qu'elle n'avait pas imaginé. Elle ressent ce tout et comprend qu'elle en fait partie. Jean-Claire a rendu cela possible. En un même moment, elle peut ressentir, comprendre, et se libérer de tout ces nœuds passés, de ces vents contraires et de ces blessures stoïques. Tout ce pu qui circulait en réseau dans sa chair se mélange et se pétrit avec tout ce qu'elle est jusqu'à maintenant. Il n'y a pas le souvenir d'un père ni d'un auto stoppeur rappelé par Jean-Claire mais des hommes. Il n'y a plus l'enfant coupable puis l'infirmière qui s'oublie en voulant se racheter mais une femme. Ces bruissements de l’intérieur cristallisent les intimes ferveurs. Le temps a consommé les peurs et mutilé le flou des rancœurs. Les espaces du tout se fondent entre une amertume sucrée du souvenir et l’absence du moment rêvé. Par les silences muselés, les échos pleurent avant de partir.
Ses pensées rejoignent celles de Jean-Claire qui rentre d'un pas pressé, une robe serrée contre lui. Sa certitude se reflète en Marie-Aude et sa magnifie dans cette chiralité. A l'orée du bain, elle se sent chatouillée et empoupée de belles pensées. Elle se cambre et cadencée, elle les sanctifie glorieusement par des convergences salées. Son corps inanimé palpé par les ondes humides la plonge dans un vide innommé. Le dernier mouvement qui compose ce moment est douloureusement profond. L'amnios va se répandre et Marie-Aude ressent, non pas une schizoïde Angoisse de morcellement, mais de dissolution. Les volutes de buées mêlées à son souffle, chantonnent les incantations séculaires enivrantes d'une irrémédiable dépersonnalisation. Jean-Claire lui manque. C'est une morsure inopinée, violente et profonde. Il laisse dans cette chambre un vide béant évident qui tenaille sans prévenir.
Elle ne veux plus jamais se séparer de Jean-Claire. Elle est convaincu que cela est possible même si cela doit passer par de véhémente croisades chair à chair. Marie-Aude sent monter une nouvelle rage déterminée qui ne déviera pas du moindre degré.
Elle entend le pas rapide et impatient de Jean-Claire qui monte les escaliers. Fébrile, elle jaillie hors de l'eau devenue fraiche. Elle ressent chaque mouvement précipité comme une barrière de moins pour exister, un moment de plus passé qui la rapproche de Jean-Claire. Ses gestes désordonnés épandent les restes de mousse sur ses vêtements sales étalés un peu partout sur le carrelage gris. Rien ne va assez vite. La clef de la porte de la chambre s'anime et la porte s'ouvre, Jean-Claire entre. Marie-Aude ne supporte plus la moindre seconde inutile qui l'éloignerait de leur essentielle étreinte qui effacera ce vide et amènera la vie. Elle saisit un peignoir qu'elle passe sans se sécher. Son sang bat, au forces de l'élan, de ses tempes à son ventre. Les cheveux en crinière orageuse, elle butte contre la porte, l'ouvre, surgit face à lui. Ils sont tous les deux haletant, le souffle court cherchant l'air en l'autre, le reflet complet de chacun. July 18 22. SilencesPassées les larges voies cadenassées, sous un soleil déjà haut, leur route s'échappe vers l'air salin. A cette heure, c'est un chemin léger qui s'ouvre alors à eux. Il aime chanter les arômes des cœurs qui passent. Il se love en serpent lumineux et dessine des sourires embrassant la colline. Marie-Aude et Jean-Claire approchent la petite ville tout en regardant le lointain si proche. Comme une caresse de frissons, il dessine à foison ,sur les flancs de l'horizon, des contes aux phonèmes boisés berçant leurs songes d'éternité. A la radio, une vielle chanson de John Lennon souffle un air de nostalgie brodé de liberté dissolue. L'air tiède glisse les arômes du littoral en tourbillon au travers des vitres larges ouvertes de la vieille Fiat de Marie-Aude. Devant eux, ce moment irradie de ses chaleurs sur le velouté et ailleurs de la fertile vallée creusée par le murmure musé ce cette composition. Arrivé devant le château des Aygues, moteur coupé, frein à main serré, contre le flan de la colline, il y a entre eux un silence qui, dés son commencement, était évidemment long. Un silence parfait qui ne demande pas à se rompre. Un de ceux qui ne peut être que partagé et compris. Un silence qui se construit avec tant de temps et de bruit avant. Il ne leur aura fallu qu'un jour pour celui là. Il est d'un délicat torrent d'abandon. C'est une acmé à venir qui regarde et raconte le plaisir du voyage qui la construite. La finesse de sa ciselure annonce la force gothique des falaises à venir. Ils les graviront toutes. Jean-Claire : « Nous sommes un peu loin des falaises mais il y a des chambres d'hôtes dans ce château. J'ai toujours eu envie de venir ici, pour une nuit, tu es d'accord pour qu'ensemble, nous en partagions une ? » Marie-Aude, d'un ton impertinent de complicité : « Finalement, tu es plutôt vieux jeu parfois ! Tu me dois un bain non ? Allons y, j'en ai vraiment besoin depuis la nuit dernière. » Un nom donné, un registre jauni signé, deux étages de bois montés et les voilà dans cette chambre clair habillée de lourds tissu de velours brodé. Jean-Claire va dans la salle de bain et commence à faire couler l'eau chaude dans la baignoire de fonte qui trône au milieu. Il y mêle des huiles parfumée et laisse Marie-Aude s'installer. Une fois la porte fermée, Jean-Claire annonce à Marie-Aude qu'il a une course à faire qui ne durera pas plus longtemps que le temps qu'il faudra à son bain pour ne plus être assez chaud pour y rester. Marie-Aude, entend ensuite le pas de Jean-Claire s'éloigner sur le vieux parquet grinçant, la porte de la chambre se fermer, puis un silence. Cette foi ci, le silence du vide qui se creuse, égoïste et affamé. Il est de ceux qui saisi et désarme. Il donne ce désagréable vertige de l'abandon. Il n'aura fallu qu'un jour pour celui ci aussi. Marie-Aude essaie de chasser se malaise inattendu, elle se dévêtit, attache ses cheveux et entre dans l'eau fumante. Elle s'allonge et, le yeux clos, elle goute ce moment. Pendant ce temps, Jean-Claire part dans la ville rejoindre une petite boutique fondue depuis toujours sur la façade des cartes postales en noir et blanc. C'est une mercerie ou l'on peut trouver aussi quelques vêtements oubliés de dentelle et de coton épais. Il entre et vif, il regarde les recoins chargés de piles désordonnées de tissu. Son regard est précis et avide, il sait ce qu'il cherche et il connait son importance. C'est au détour d'un flou bavard, ombrée d'un trouble en mouvements, que ses cils, distants de tout autour, bercent le moment. Il a trouvé, d'un plissement des yeux, une mousse enluminée qui d'un essor, sous le soleil filtré par la fenêtre salie, soulève un pale nuage d'or. Il a trouvé la robe parfaite que portera Marie-Aude. Son étoffe blanche est un philtre doué qui révélera les formes souples en dessous du moi. Dans le lent déclin doux du temps, il imagine déjà Marie-Aude vêtue de ce silence qui hume les creux scintillant des limbes. Un de ces silence barbare et solaire, un de ceux rare qui propulse d'une focale Reine sublimant cette ceine tribale. Ce silence qui, précisément, compose léger, le Champ pascale dans lequel Sibylle s'annonce en doux mistral. Il sent soudain alors l'absence qui s'abat sur lui. Il fait jaillir un manque qu'il ne soupçonnait pas aussi mordant. Devant cette robe inhabitée, Jean-Claire est parcouru d'une tarentuleuse excavation du fossé du vide laissé par Marie-Aude. C'est maintenant une douleur de l'âme qui s'exhume sur des corps ancestraux mis de coté. Elle scelle, insalubre, sa priapique épreinte, enthymème du chaos aux flammes étreintes. Le souvenir proche de leurs regard s’annonce et vacille sa danse bancale devant les dentelles légeres. Ce manque violent s'impose en une bouche qui se tend, égout offrant ses pétales. Il se loge, encore tiède, dans le chaud de l'élan autour des filets de leur attachement nouveau mais déjà si ancien. Il tire ces envergures au lubrique cordeau. Un manque qu'il veut engorger jusqu’au-delà ces rivages parfaits. Jean-Claire veux que tout soit parfait. Il sait que cela est enfin possible. Ce sont tous ces élément diffus depuis le premier mot, le premier regard, qui, lorgnant les plus résistants doutes, racontent l'évidente certitude et plaque les chaires en fondant l’entendement. Impudique rétine qui déchire les sceaux, Jean-Claire ne veux plus perde de vu Marie-Aude. Il tremble un peu, s'avance maladroit vers une vieille femme à qui il donne d l'argent avant de sortir de la boutique, la robe dans les bras. Rentrer au château.
Il ne veux plus jamais se séparer de Marie-Aude.
July 15 21. AutorouteSans chercher se qu'elle va trouver, Marie-Aude suis les indications de Jean-Claire pour rejoindre leur étape. Cinq pauses café sur le bas coté de la route les ont menés au bord de mer. Cinq moments silencieux parfumés de brulants cafés et habités de frissons de fatigue. Ils n'ont pas beaucoup dormi. Premier arrêt : Marie-Aude repense à son appartement. Il lui semble très lointain. Elle mange quelques madeleines trempées dans son gobelet de plastique brulant. Deuxième arrêt : Elle passe aux toilettes de la station. Elle se rend compte qu'elle a laissé le sac en plastique avec ses affaires de l'hôpital chez Éric. Elle prend un café au lait et regarde Jean-Claire, elle lui sourit. Le temps fil comme les notes d'une vieille boite à musique. Troisième arrêt : L'air de repos est désert. Seul une voiture, portières ouvertes, laisse crier un vieux morceau des Doors. Elle croise le regard silencieux de Jean-Claire. Il est calme et posé. Soudain après un café noir et un cake sous cellophane dévoré, Jean-Claire étouffe un gémissement. Marie-Aude comprend tout de suite qu'il se passe quelque chose. Elle a trop eu l'habitude de sentir ces moments d'incandescence surgir sans prévenir. L'odeur de l'hôpital la saisit à la gorge. Elle voit les yeux de Jean-Claire, pupille dilatée endolorie et pénétrée par cette partielle intimité condensée. Il ne peux masquer la douleur qui c'est accablée puissante puis tantôt louvoyante, inspirante puis pénétrante. Elle c'est installée, elle creuse sa mobile digue aimante ai creux de son ventre. Marie-Aude passe ses bras autour de Jean-Claire dont les jambes luttent pour ne pas céder. Elle sent par diffusion de proche en proche, des spasmes appeler un mal qui résonne entre les caves emmaillotées de son sel. En un hideux creuset, soufre et embrun, affreusement généreux, scellent une lenteur qui distille une essentielle et profonde douleur. Les dents serrées et les yeux soudés, papilles crépitantes ornées de l'écume d'un souffle coupé, l'instant reste de plomb ciselée. Jean-Claire gémit d'un douceâtre octave composé de diaphonies. Saumâtre, ocre, terreuse, d’une voix hantée elle mâche ses scansions en une lunaire Alchimie. Un silence, une soupir, Marie-Aude aide Jean-Claire à rejoindre la voiture. Il s'allonge à l'arrière, elle démarre. Arrêt quatre : Jean-Claire : « Je vais juste prendre de l'eau... Excuses moi pour tout à l'heure. Quand ça m'arrive, c'est comme une image qui gicle sur un surgissement. Organique essence braisée du dedans. Elle embrasse hurlante après le franchissement de ce que je suis. C'est un ample déchirement aux battements sourds et puissants. Sans prévenir, une subite acmé crachée du parfait vide, viens serrer la chaire d'un vif livide. Je sens que, entre ses prismes coupant, elle se fige, pétrifie, puis se nourrit pour laisser un peut moins de vie. » Marie-Aude : « Je dois être inquiète ? » Jean-Claire : « non, ça va mieux. Je suis content que nous soyons ensemble. ». Il regarde Marie-Aude et se mets à rire. « On ne ressemble vraiment à rien ! Je suis impatient d'arriver à Etretat, je connais un hôtel très joli. Nous pourrons nous laver, nous changer. Je te préparerais un bon bain. Allons y ! » Arrêt cinq : Les distances changeantes, le soleil avançant, cette détresse de Jean-Claire laisse surgir de nouveau la mort de son père. La culpabilité au centre de ce tacite insurmontable, trône en génitrice. C'est cette humiliante mère dégénérer de consanguinité, mutilante invisible de corps décharnés qui la ronge depuis toujours. Elle a su se camoufler dans sa chair, sa personnalité, son métier dans une pleine humanité qui savoure jusqu’à la lie son putride calice d'aliénation. Elle voit les chemins de sa vie s'être dessinés autour de cet appétit qui, a pleine bouche, la gavée de la contrainte et la laissant, soumise, s'endormir a terre chaque foi vaincu. Âpres avoir enflé mollement depuis toujours, cette chair lactescente agonisante, en une ultime violence, sereine, exhorte en silence cette ombre luisante de souvenir. Elle n’est rien qu’une folie partagée césarisée puis nommée :Entière Marie-Aude surgit de ses pensées et dit tout haut : « Même entière, ce n'est pas ma réalité. J'ai eu 40 ans hier avec toi. Fille, Femme, Mère, je n'ai été qu'un jusqu'à aujourd'hui. C'est incroyable mais je sais que tu comprends. » Jean-Claire : « Les ombres accouchent et la lumière vient. Nous irons diner chez Pierre ce soir, je voudrais te le présenter, c'est important. Mais avant, finissons notre voyage. Je voudrais t'offrir quelque chose et aller voir les falaises avec toi.»
July 12 20. Matin 2Ils remontent à contre courant le long de ces murs de pierre humide. Cette vaste fournaise nocturne fumante entrouvre son défilé. Elle se dilate jusqu'à son col visqueux puant. Marie-Aude et Jean-Claire forcent d'un pas chahuté cherchant à se libérer. Ils croisent des regards vitreux remplis de cette petite mort. Ces morceaux de corps jouissent de leurs haines et de leurs craintes. Leurs douleurs est purgée à grande rasade de leur propre purin. La fin d'un tapis, une bougie meure, une marche se dessine. Les musiques se mélangent, essoufflés, ils titubent l'un sur l'autre en avançant et tout s'obscurcit puis bascule. Quelques heures après, un œil s'ouvre puis deux, trois et quatre. Ils sont allongés sous la veste de Jean-Claire, l'un contre l'autre, à coté d'un banc d'un petit jardin. L'air est doucement frais en cette modeste saison, et quelques gouttes fines de pluie les a réveillés pour rejoindre une caressante mousson. Les premières lumières de l'Aube leur offre une claire et profonde oraison. Ils restent immobile un moment. Hier matin, une frénétique clarté avais assis Marie-Aude, ce deuxième matin l'a couchée pour de bon. Ils baignent tous deux dans une matinée embrumée. Sous la pluies, la nature respire de musicales et légères tonalités. Marie Aude revient et s'arrêter sur cette journée passée, suspendue des référentiels familiers...
Elle sent contre son dos le torse de Jean-Claire respirer doucement. Elle est aussi envahie de cette odeur sur leurs vêtements. Elle est saisi par le souvenir de ce jeune auto stoppeur sur la route de montagne. Elle chasse le regard paternel du rétroviseur avec une vélocité et une facilité qui la surprend. A cet instant, Marie-Aude a la preuve et la certitude que quelque chose bouge en elle, qu'elle avance. La rémanence la pousse vers la résilience. Ses souvenirs présents libèrent la source allégorique battant le rythme d'un voyage phallique, léthal d'images et de sensations. Le dédale de l'instant grouille de pensées aux fréquences exactes qui mouillent. La pluie se pose sur leurs peaux. De délicieux vicieux détours se laissent aller sans surmoi. Ses bras passent sous l'étoffe un peu alourdie et humide. Ses doigts fraillent en un lit qui courre. Le sentier de ses mains qui sourient ouvertes et tendues vers le seuil. Une Œuvre phalangée s'exécute presque imperceptiblement mais comme jamais avide, elle chahute. Elle est rejointe par les mains de Jean-Claire, délicates, légères, animée d'une présence douce et naturelle. Entre sueur et vif moiteur, allongées sous se banc de bois, Marie-Aude s'anime loin des conforts flatteurs des vastes lits carrés vissés aux murs opaques. Fièvre et fourreau de prés se disputent pour glisser vers des cambrures insoumises ou s'invite le fier cabre. Appliquée, cette foison de doigts se perd en des tonalités semi cadencées. Leur danse en un pas habile remise de savants palpés qui devisent. Les yeux mis clos, Marie-Aude soupir et regarde au dessus d'elle le vent peigner les arbres chantant sous le soleil naissant. Au milieu de l'herbe, elle sent son corps que rien d'autre n'anime qu'un souffle en soupirs de flammes. La pluie passe sur son visage et invente de nouveaux chemins que suivent bientôt quelques larmes. D'une main légère, Jean-Claire saisit puis tire la nuque de Marie-Aude pour écouter le brulants soliloques partagé de ses soupirs. Cette dociles élongations la livre au délicieux abandon. Ventre creusé battant contre cuisse, le chant des feux s'assoupit alors doucement. Jean-Claire : « Tu as pleuré ? » Marie-Aude : « Oui, toujours à ce moment. » Jean-Claire : « c'était la dernière fois, levons nous, nous avons beaucoup de choses à faire jusqu'à demain soir. Pour l'instant, allons à Etretat » Marie-Aude se lève, s'étire, sourit, prends la main de Jean-Claire :« Viens, je crois que la voiture est par là. »May 24 19 LueurYouTube - Antonin Artaud
January 28 18. OxysmiqueLa chaleur humide et sombre gagne leur peau. Leurs bouches ouvertes cherchent le chant d'un nouveau souffle. Marie-Aude trébuche talon oblique sur le sol lubrifié. Pourtant, il ne manque plus un quart de temps ou une moitié de début. C'est donc elle d'en dedans qui, inscrite dans ce groupe, à émis cette approximation. Elle se sent vraiment parti prenant, à bras le corps, dans sa réalité. Actrice, le temps fil constant sans distorsion. Serait ce cela un bon moment . Il suffit qu'il passe, justement, sans se courbé dans l'espace dissonant. Ainsi il échappe aux antennes, à l'intégrité, aux tuyaux affamés. Tant de vies ligotées au dessein étranglé. Les rêves miniaturisés sous le fouet de la peur de manquer. Tout cela parait loin, Marie-Aude n'a pas chasser ce qui la définie. C'est ce temps nouveau, si bon, gonflant d'amplitude qui lui fait tant écrire vers l'avant que l'allongement éloigne. Les perspectives changent. Elle se rattrape au bras de Jean-Claire et lui fait signe de s'arrêter. Elle veut se reposer un moment. Jean-Claire cherche un endroit ou s'assoir. Il n'y a rien.
Il remarque quelques mouvements vers un coin de la piste. Donnant le bras à Marie-Aude, ils finissent leur traversée. Un petit escalier sombre se présente à eux. Ils descendent les marches de pierres taillées en colimaçon. Après un petit corridor bas, ils arrivent dans une immense cave à la haute voute romane. La pierre brute embrasse une clef de voute ornée d'un lustre gigantesque aux larmes de verres taillées. Sa lumière dore et contraste les pierres généreuses avec les grands murs drapés de haut en bas. L'étoffe noir lourde et épaisse tombe en grands plis derrière des canapés courbes et nourris de coussins. Le sol recouvert de tapis d'Orient est jonché de bougies blanches ou rouges. Tantôt hautes à la flamme longue et orange, tantôt baignée de cire coulée à la chaleur d'un blanc bleuté vacillant. Des petits cônes de cuivre ciselé laissent échappé une épaisse fumé de Myrrhe. Posés sur de petites tables de verre basses, ils surmontent un océan de coussins de toutes tailles. Enjambant des corps alanguis, Marie-Aude et Jean-Claire prennent place parmi eux. Allongés dans des nuages de broderies, la musique aérienne et lointaine finit de définir l'humeur calme et ethérique. Bruissement Frottement, Cotonneux, Rugueux, Transperçant, Cisaillement, Plaqué, Liquoreux, Reptilien, Feutré, Essentiel. Des drogues jonchent les tables éclairées par en dessous. Jean-Claire, allongé, penché sur le coté, tend le bras vers une petite pipe, la porte à sa bouche puis l'allume à la bougie. Il aspire, bloque sa respiration et tend à Marie-Aude la préparation. Elle saisit avec comme seule peur celle de l'interdit. Il n'y a donc aucune raison de ne pas accepter. Elle enrobe et aspire une fumée piquante au goût fort et concentré. Elle sent monter et circuler des ondes amusées. Son regard vacille s'absente puis rougis. Elle regarde Jean-Claire et le dévore d'une simplicité épicurienne. Sa conscience s'embrume délicatement. Certaine, en sécurité, elle goutte cette chute qui l'achemine dans de solaires épitaphes. Son cœur rutilant sourit jusqu'au centre. La chape de ses interdits n'est plus qu'une fine membrane ou se dessinent et s'animent les hordes rodant le regard sur cet équilibre léger, précaire. Hymenéenne elle se rompt sous les assauts de ce qu'elle possède maintenant, passion frénétique. Les lumières des bougies en groupe de foyers racontent leurs âtres affamés. Tout autour d'elle, se déterminent l'union fébrile en vaporeux contrastes tranchés puis délités. Les couples ou trio, autour d'eux se mélangent lentement. Entre les coussins, les volutes s'unissent en odeurs animales. Les parfums capiteux gémissent tendrement. Ils sont baignés de bouchent.
Jean-Claire et Marie-Aude se partagent les bouffées, accompagnées de thé à la menthe brulant, sucré. A chaque inspiration, ils sentent une envolée venir d'un recoin lumineux de l'arrière qui les rapprochent. Une flamboyante accoutumance disperse leurs étriquées insouciances. Adoubées en abimes de fractales, ils se délitent en délicats pétales. Ils parlent doucement. A rires étouffés, ils évoquent leurs joies passées, leur premier baisé, leurs succès et idéaux toujours consumant.
Free like a organic breathing D'un châle rampant en douce rondes, des caressent en mer d'horizon magnifient de multiplégigues assauts. C'est une marée de chair enfumée qui se dispose en chahut tantôt catatonique, puis ondulant. Parfait monopsone philanthropique, la nuit se nomme en phallique génétique. Dans sa fièvre limbique, Marie-Aude passe de voyages en voyage. Elle partage ses images dans les yeux de Jean-Claire. Ils se peignent l'un sur l'autre à même le moelle. Une étape foudroie, Sanction, flagellation, les liens poussent et virevoltent. Saisis, écartelés, remodelés, d'entre ces raisons, ils entonnent en un long et lent ajustement leurs harmoniques. Ils voient des groupes, parfois repus, après des fissions déchainées au delà qui ont tonné basse puis montante. Partout, des sourires envie en dents, plaisir en peau s'échangent et se gouttent. Central et aiguisé, le dernier fil incertain retenant se dénoue. Marie-Aude se rattrape suspendue, vacille puis au flanc du velours lâche brut ses mnésiques étaux.
Marie-Aude cède. January 26 17. SilenceJean-Claire marque un long silence puis fini son verre en grandes gorgées. L'endroit est maintenant réchauffé par la foule qui l'anime. La musique accompagne les bouches aux oreilles pour des mots légers et remplis de lutinages. Les corps de couples en nombres inconstants dansent en rondes de verres suants d'alcool et de sucre. La lumière en sombre chaleur colle les peaux au bois en teintes de candeurs. Au fond, des bras se lèvent en cœur jusqu'à choquer de lourdes pintes. Par ici, le rire haut et fin d'une jeune femme s'élève. Il éclate ostensible pour flatte l'œil humide d'un vaillant prétendant en soif d'unique conquête. Marie-Aude et Jean-Claire, en silence, regardent l'union d'une fête anarchique prendre sens comme par miracle. D'un total chaos, des origines aux improbables humeurs, la vie grouille de ces rêves de joie. Contre à contre, mélangés aux coins du bar, les silhouettes se fondent en mouvements distraits menés par une musique battante. Jean-Claire : « Quand j'ai commandé la deuxième tournée, en glissant un bon billet au serveur, j'ai pu apprendre qu'il y avait une autre salle en bas. Elle est réservée pour certains invités... On peux par exemple y fumer et y manger un peu. Et puis c'est plus chaleureux...On y va ? »
Il presse un peu Marie-Aude en se levant. Elle a encore envie de boire. Elle finit donc son verre d'un trait. Pas question d'en laisser ! Elle veux tout gouter jusqu'au bout. Après un épais rideau de velours rouge, entre des corps moites, ils passent une salle plus vaste sans meubles ou la musique explose de tout cotés. Des murs jusqu'au centre, la foule grouille. Les lumières tournent et dessinent les rythmes des pas. Les mélanges sonores carambolent et emportent les bras. Les épaules se frottent pendant que les hanches s'entrechoquent légèrement. Par ci par là, quelques sautillements se laissent emportés, tête en arrière et lèvre pincée d'un sourire oublié. C'est une liesse en pleine emphase qu'ils traversent en se laissant de temps à autre à esquisser un pas en rythme.
Pris au milieu de tous, ils ne sont plus personne. L'existence à l'autre ne passe plus que par la vivacité de l'échange. Marie-Aude et Jean-Claire se regardent, surpris de ce moment au milieu de ce cyclone qui les ballottent et les rapprochent. Ils se mettent à danser. La traversée attendra sa fin au prix d'une envolée. Les basses lourdes fond vibrer leurs vêtements et entrent dans leur peau. De tout autour d'eux, l'abandon généreux les emmène dans une folle chaleur. Leurs jambes frétillent encore d'alcool et n'innocente et naïve envie. Comme depuis leur premier bonjour, ils ne se jugent pas et s'abandonnent à cette communion impromptue. Tout cela parait si normal à Marie-Aude. C'est dans l'ordre des choses. Elle ce met à éclater de rire en regardant Jean-Claire. Elle repense à son appartement, il est certain que les murs rejoignent le plafond … mais cela ne l'intéresse plus du tout. Au fil des battements hypnotiques, la masse humaine entière chavire dans un unique déchainement. Tous les muscles luisants se confondent en de nouvelles anatomies foisonnantes de plaisir. Jean-Claire tends les bras et caresse l'espace autour d'elle. Ils sont une partie de se tout qui glisse vers une quintessence du tantrisme, ils creusent de corps en proche leurs négatifs chiraux dans les reflets des lumières galopantes. Révélateur de la perspective ultime, ce partage résume puis vaporise dans l'air chaud et humide une vraie profondeur sans recoin. Dans la transsubstantiation des harmoniques leur intime carcan social fornique avec le marketing viral qui sourit, s'onanise puis disparaît... insignifiant. Écorchée vive dans l'ultra présent, Marie-Aude bouillonne à perdre haleines. Ces anciennes craintes se nourrissent aux hosties de la fange qui prend un arome qu'elle redoutait de savoir aimer. Et comme un tridentin aux bases apocalyptiques, elle célèbre une éclosion de désir. Elle laisse crier et vivre de nouvelles questions, de nouveaux plaisirs à venir. De cette messe en chair dévoilée, négation et absence des mots, ne serait il pas agréable ? Si l’on si penche pourrait t elle être délicieusement palpable ? Et Jean-Claire, en face d'elle, si rayonnant de ses mouvements amusés, ne coure t il pas se cacher vers nul part aux instants les plus surprenant de cette journée ? Mais n’y a-t-il pas en lui un inappréhendable mais précieux enivrement ? Le son l'emporte encore, charge et pénètre en nourrisseur. Son corps s'arque puis se cambre et se tord en souple instrument.
Jean-Claire hurle vers elle : "Joyeux anniversaire !! "
C'est dans cet air qu'ils s'oublient : lunaires. outputter
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